Les dirigeants de la CGT et de la CFDT ont réclamé mardi l'organisation d'un nouveau sommet social par Nicolas Sarkozy

Manifestation des enseignants et chercheurs universitaires le 05 février 2009, à Paris
Manifestation des enseignants et chercheurs universitaires le 05 février 2009, à Paris (France 3)

Le numéro 1 de la CGT Bernard Thibault a déploré "l'absence de prise en compte des revendications des syndicats " tout au long de l'année 2009, marquée par de grandes mobilisations.La CFDT réclame quant à elle des "aides fiscales et des aides pour les plus démunis inévitablement", a expliqué mardi le secrétaire général du syndicat sur France 2.

Le numéro 1 de la CGT Bernard Thibault a déploré "l'absence de prise en compte des revendications des syndicats " tout au long de l'année 2009, marquée par de grandes mobilisations.

La CFDT réclame quant à elle des "aides fiscales et des aides pour les plus démunis inévitablement", a expliqué mardi le secrétaire général du syndicat sur France 2.

Après les élections régionales, CFDT, CGT, FSU, Solidaires (Sud) et Unsa relancent le combat syndical pour "la défense de l'emploi, du pouvoir d'achat et des retraites", le prochain grand chantier du gouvernement.

Il s'agit des principaux mots d'ordre de la journée de mobilisation interprofessionnelle de mardi, pour lesquels Bernard Thibault a réclamé "des décisions concrètes d'application rapide".

Cette journée d'actions avait été décidée par les syndicats après le sommet social du 15 février à l'Elysée.

"Je pense qu'il serait logique que le président de la République convoque un nouveau sommet social pour faire le point de la situation" sociale, a estimé le numéro un de la CGT, sur Europe 1.

Pour François Chérèque (CFDT), "il faut des signes forts, un sommet social pour remettre des mesures qui aident les salariés". Il a évoqué le mois d'avril.

Sans des "aides fiscales et des aides pour les plus démunis inévitablement", la CFDT estime qu'"il y aura une baisse de la consommation, et qu'on accentue la crise et la misère des plus démunis". "On a le sentiment que depuis septembre on ne parle plus de la situation réelle des salariés", regrette François Chérèque.

Les élections régionales ont été un "échec parce que les salariés n'ont pas entendu parler de leur situation", a déploré le dirigeant de la CFDT. "Il y a eu un sentiment d'abandon qui s'est exprimé dans les urnes."

"La question est d'obtenir des inflexions sur les orientations économiques et sociales" a ajouté le responsable syndical en jugeant que le remaniement gouvernemental annoncé lundi soir était surtout une "affaire de microcosme politique".

Il a rappelé que la décision d'appeler à une journée nationale de grèves et manifestations ce mardi a été prise à l'issue du précédent sommet social du 15 février dernier à l'Elysée, au cours duquel "le président manifestement n'acceptait pas d'inflexion sur ce qu'il avait décrété jusqu'à présent".

Selon lui, depuis l'an dernier, le gouvernement a surtout cherché à "minimiser" les protestations syndicales exprimées sur le rythme et le fond des réformes. "Il y a eu jusqu'à trois millions de manifestants dans le pays", a-t-il dit en évoquant également les "deux millions de citoyens" qui se sont exprimés contre le changement de statut de la Poste.

Mardi, journée test pour les syndicats
Au premier semestre 2009, plusieurs journées d'actions avaient fait descendre jusqu'à un million de personnes dans les rues.

Pour mardi, l'intersyndicale a appelé à "une mobilisation interprofessionnelle unitaire" avec "des grèves et des manifestations dans tout le pays". La CGT prévoit plus de 80 manifestations dans toute la France dont une à Paris, de la place de la République à celle de la Nation.

Cette journée se traduisait aussi par des perturbations à la SNCF, où un préavis de grève reconductible a été déposé par Sud-Rail, dans les services publics et les établissements scolaires. Le SNUipp, premier syndicats dans le primaire, a appelé les enseignants des écoles à se mettre en grève et promet une forte mobilisation.

Retraites : Woerth attendu au tournant
A quelques semaines du début des négociations sur la réforme des retraites, Nicolas Sarkozy a donné un premier signal : il a remplacé le ministre du Travail Xavier Darcos, sévèrement battu en Aquitaine aux régionales, par Eric Woerth précédemment au Budget.

Pour réformer les retraites, chantier présidentiel prioritaire en 2010, "j'espère que nous aurons un ministre et non des ordinateurs de Bercy comme interlocuteur", a prévenu le dirigeant de la CGT, Bernard Thibault, sur Europe 1.

Le leader de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, craint quant à lui que cette nomination ne soit un mauvais signe. Eric Woerth est "réputé pour être rigoureux et même rigoriste (...) et il y a un Premier ministre lui aussi rigoriste, ça fait un couple rigoriste pour suivre le dossier des retraites, donc ce n'est pas obligatoirement bon signe", a-t-il dit sur LCI.

François Chérèque, numéro un de la CFDT, a également adressé
une mise en garde à Eric Woerth qui, lors de ses premières déclarations sur les retraites, a promis mardi une réforme
"protectrice" pour les Français. "Aucune réforme ne sera acceptable pour les Français si ce n'est pas une réforme marquée du sceau de l'équité", a dit le nouveau ministre du Travail en marge de sa passation de pouvoir avec François Baroin, qui lui succède au ministère du Budget. On ne peut pas réformer uniquement en fonction d'objectif financiers, a prévenu François Chérèque."

Les trois représentants syndicaux ont déploré la "valse" des ministres du Travail depuis 2007. Eric Woerth a remplacé lundi Xavier Darcos qui avait été précédé de Brice Hortefeux et de Xavier Bertrand.

Sur le dossier des retraites, des décisions seront prises à l'automne. Les syndicats sont inquiets d'une "réforme à la hussarde" et dénoncent l'attitude du président de la République qui "s'est limité à annoncer une série de rendez-vous" lors du sommet social de février.

Dans un entretien paru le 11 mars dans le Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy confirmait que la réforme des retraites concernerait aussi bien les 21 millions de salariés du secteur privé que les 5 millions de fonctionnaires français.

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