Les cinq signes du retour de Sarkozy en politique

Nicolas Sarkozy dans les tribunes du Parc des Princes lors d\'un match du PSG, le 21 avril 2013, à Paris.
Nicolas Sarkozy dans les tribunes du Parc des Princes lors d'un match du PSG, le 21 avril 2013, à Paris. (FRANCK FIFE / AFP)

L'ancien président est loin d'avoir pris sa retraite et entend bien peser sur la vie politique française. Sa visite en Israël en est une nouvelle illustration.

"Après cinq ans à la tête de l'Etat, mon engagement dans la vie de mon pays sera désormais différent." Au soir de sa défaite à la présidentielle, le 6 mai 2012, Nicolas Sarkozy s'est bien gardé d'annoncer son retrait de la vie politique. Depuis, l'ancien locataire de l'Elysée n'a cessé d'agir en coulisses, alimentant les rumeurs et les supputations sur un retour en 2017. Et les signes allant dans ce sens ne manquent pas. Sa visite en Israël, mercredi 22 mai, est le dernier en date. 

1Il cultive sa stature internationale

Depuis qu'il a quitté l'Elysée, Nicolas Sarkozy sillonne le monde. L'ex-président joue les conférenciers de luxe, et en profite pour entretenir ses relations avec les grands de ce monde. Il rencontre ses anciens homologues : Vladimir Poutine à Moscou, Dilma Rousseff au Brésil. Ou encore Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, à New York, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à Bruxelles. Des voyages dont L'Express tient le compte dans une infographie.

Nicolas Sarkozy rencontre le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le 27 mars 2013 à Bruxelles (Belgique).
Nicolas Sarkozy rencontre le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le 27 mars 2013 à Bruxelles (Belgique). (GEORGES GOBET / AFP)

Nicolas Sarkozy soigne son image, dans ce qu'Europe 1 désigne comme une "diplomatie parallèle". Le 19 mars, il a ainsi effectué une visite éclair en Libye, deux ans après le lancement de l'intervention de l'Otan contre le régime de Mouammar Kadhafi. Intervention dont il fut le fer de lance. Et mercredi, il a donc entamé, en Israël, une visite de deux jours, digne d'un chef d'Etat. Il doit rencontrer le Premier ministre, Benyamin Netanyahu. Et recevoir un diplôme honorifique à l'université de Netanya. Un geste symbolique saluant son action en faveur des liens entre la France et Israël.

2Il va soutenir une candidate UMP aux législatives 

Voilà pour le programme officiel. Mais Le Nouvel Observateur, qui a révélé cette visite, souligne que ce déplacement pourrait revêtir un caractère officieux. Il intervient en effet quatre jours avant le premier tour de la législative partielle dans la 8e circonscription des Français de l'étranger, dont Israël fait partie. L'hebdomadaire laisse entendre que Nicolas Sarkozy pourrait en profiter pour apporter son soutien à la candidate UMP.

Car Valérie Hoffenberg est en difficulté, note Europe 1. Battue en juin 2012, l'UMP fait tout pour qu'elle obtienne sa revanche à l'occasion de cette nouvelle élection, conséquence de l'invalidation en février du précédent scrutin. Son président, Jean-François Copé, lui a déjà apporté son soutien. Celui de Nicolas Sarkozy aurait encore plus de poids. Il avait raflé 97% des voix des Français d'Israël à la présidentielle de 2007.

3Il reçoit les opposants au mariage pour tous

L'ex-chef de l'Etat n'est pas pour autant absent de la scène politique nationale. Il n'a pas pris position, publiquement, pour ou contre l'ouverture du mariage aux couples de même sexe. Mais en privé, il a rencontré Frigide Barjot, la porte-parole du collectif La Manif pour tous, qui mène la fronde. 

La rencontre, rapportée par L'Express, a eu lieu, en toute discrétion, dans les bureaux parisiens de Nicolas Sarkozy, le 21 janvier, une semaine après la première grande manifestation parisienne des opposants au mariage pour tous. Plusieurs figures du mouvement, dont Xavier Bongibault, le porte-parole de La Manif pour tous, étaient également présentes. Selon l'hebdomadaire, Nicolas Sarkozy "a félicité ses interlocuteurs pour leur action"

4Il s'affiche au côté de NKM à Paris

Samedi 18 mai au soir, le Paris Saint-Germain bat Brest à domicile 3 buts à 1. Le PSG fête le 3e titre de champion de France de son histoire avec le public du Parc des Princes. Et dit au passage adieu à sa superstar David Beckham. Dans les tribunes, Nicolas Sarkozy, un habitué du stade, se tient au côté de Nathalie Kosciusko-Morizet, la favorite de la primaire UMP pour les municipales de 2014 à Paris.

L'ex-chef de l'Etat apporte ainsi un soutien, discret mais remarqué, à son ancienne porte-parole, certes bien placée, mais critiquée dans son propre camp pour sa prise de position sur le mariage pour tous. Le JDD ajoute que "l'ancien président avait décroché son téléphone mardi pour souhaiter un bon anniversaire à NKM qui fêtait ses 40 ans". Le journal souligne que "Nicolas Sarkozy confie en privé être 'très attaché' à Nathalie et 'attentif à ce qu'elle fait'".

Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy arrivent au Parc des Princes pour un match du PSG, le 18 mai 2013.
Nathalie Kosciusko-Morizet et Nicolas Sarkozy arrivent au Parc des Princes pour un match du PSG, le 18 mai 2013. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

5Il a encore de chauds partisans

"Je ne vois pas comment Nicolas Sarkozy ne reprendrait pas le manche. Je ne peux que vous dire qu’il est exceptionnel." Cette déclaration, pleine de certitude, est signée Bernadette Chirac. L'ancienne Première dame a la conviction que le successeur de son mari sera candidat à la présidentielle de 2017. Elle l'a répété, mercredi sur Europe 1.

Nicolas Sarkozy et Bernadette Chirac, le 20 avril 2012 à Nice (Alpes-Maritimes), à la fin d\'un meeting de campagne pour la présidentielle.
Nicolas Sarkozy et Bernadette Chirac, le 20 avril 2012 à Nice (Alpes-Maritimes), à la fin d'un meeting de campagne pour la présidentielle. (PHILIPPE WOJAZER / AFP)

Et elle n'est pas la seule à choisir Nicolas Sarkozy. En avril, deux sondages consécutifs le donnaient vainqueur, si les Français étaient appelés aux urnes immédiatement. Il recueillerait ainsi 34% des suffrages au premier tour et 61% au second. Nicolas Sarkozy n'est (pour l'instant) pas candidat, mais son électorat l'attend.

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