Les bénéfices des assureurs français pourraient être affectés cette année par la sécheresse

Dans une prairie à Carentoir (Morbihan)
Dans une prairie à Carentoir (Morbihan) (AFP - THOMAS BREGARDIS)

Les demandes d'augmentation risquent d'augmenter alors que le printemps est le plus sec jamais enregistré dans l'Hexagone depuis 50 ans, estime un rapport de l'agence de notation Moody's.Moody's ne précise pas si les cotisations des assurés vont augmenter.

Les demandes d'augmentation risquent d'augmenter alors que le printemps est le plus sec jamais enregistré dans l'Hexagone depuis 50 ans, estime un rapport de l'agence de notation Moody's.

Moody's ne précise pas si les cotisations des assurés vont augmenter.

"La sécheresse est un facteur négatif pour la note de dette des compagnies d'assurance françaises qui font face à des demandes d'indemnisation de récoltes plus élevées", soulignent des analystes de Moody's dans une note. "Si la sécheresse se poursuit cet été, nous prévoyons de multiples cas de tassements (des sous-sols), entraînant des dommages aux bâtiments, ce qui se traduira par des demandes d'indemnisation encore plus élevées", précise Moody's.

Selon l'agence de notation, les assureurs "ayant leurs racines dans le monde agricole, comme Groupama ou Pacifica, feront face à plus de demande d'indemnisation pour les récoltes". Mais vu la part limitée de cette activité dans leur chiffre d'affaires, "l'impact devrait être limité".

Bien plus inquiétante est la perspective des dommages que pourraient subir les bâtiments, dont l'évaluation sera longue et difficile. "Le coût de la sécheresse qui a ravagé la France entre juillet et septembre 2003 s'est élevé à 1 milliard d'euros pour le secteur", rappelle Moody's. Selon l'agence, le coût du tassement des sous-sols toucherait tous les assureurs multirisques, y compris Axa, Covéa, Groupama, Allianz, Macif, Generali et Maif.

"Il faut généralement des années pour déterminer le montant de ces demandes d'indemnisation, ce qui représente une importante difficulté pour l'évaluation des
réserves dont auront besoin les assureurs en fin d'année. Les dommages dus à la sécheresse par le passé ont toujours été sous-estimés et ont mené à des renforcements substantiels des réserves", soulignent encore les analystes de Moody's.

Les mesures gouvernementales
Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi plusieurs centaines de millions d'euros d'aides pour les agriculteurs victimes de la sécheresse et un plan à moyen terme d'amélioration de la gestion de l'eau.

De son côté, le président de la FNSEA, principal syndicat agricole, Xavier Beulin, doute qu'un milliard d'euros puisse être effectivement versé. "Aujourd'hui, on est à un peu plus de 500 millions d'euros", a-t-il dit, estimant que les dépenses des éleveurs pour finir l'année "vont coûter beaucoup plus qu'un milliard d'euros".

Le ministre de l'Agriculture, Bruno Lemaire, a affirmé que les fonds promis par l'Elysée seraient débloqués après discussion avec le ministère du Budget. Il a précisé que les premiers arrêtés du fonds de garantie des calamités agricoles seraient pris à partir du 12 juillet pour une indemnisation en septembre.

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