Législatives : ces candidats dissidents qui se dégonflent

Rachida Dati, le 30 janvier 2012, sur le plateau du Grand journal de Canal+.
Rachida Dati, le 30 janvier 2012, sur le plateau du Grand journal de Canal+. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Rachida Dati, Danièle Hoffman-Rispal, Safia Otokoré, et bien d'autres jettent l'éponge après avoir juré sur tous les tons qu'ils iraient "jusqu'au bout". Tour d'horizon.

Ils juraient qu'ils iraient "jusqu'au bout", persuadés de leur légitimité pour se présenter aux élections législatives face au candidat soutenu officiellement par leur parti. Dans la circonscription convoitée, certains avaient déjà inauguré leur permanence parlementaire ou fait imprimer des tracts. Une manière d'affirmer sa détermination, malgré le risque de se faire exclure du parti. Mais au moment de concrétiser (le dépôt des listes est ouvert du 14 au 18 mai), le renoncement guette. Tour d'horizon de quelques-uns de ces candidats qui se dégonflent.

• Rachida Dati jette l'éponge face à François Fillon

On ne compte plus les déclarations va-t-en-guerre de l'ancienne garde des sceaux vis-à-vis du Premier ministre sortant. "Quoi qu'il arrive, je serai candidate aux législatives en 2012", se répandait-elle en novembre sur les plateaux de télé, confirmant vouloir se présenter dans la 2e circonscription de Paris, acquise à la droite. Il y a encore quelques jours, Rachida Dati attaquait une nouvelle fois son rival : "Si Francois Fillon est battu aux législatives, il n'aura plus rien. Il sera juste ancien Premier ministre."

Changement de ton dans le Figaro Magazine à paraître le 18 mai : "En responsabilité, je ne souhaite pas ajouter de la division à l'échec en me présentant dans la circonscription où je suis pourtant légitime", explique la maire du VIIe arrondissement. Un rétropédalage de première catégorie.

• Alain Lambert déserte Paris

Depuis de nombreux mois, l'ancien ministre du Budget, qui a fait campagne au côté de François Bayrou, promettait de venir départager François Fillon et Rachida Dati dans cette même 2e circonscription de Paris, décidément très convoitée. "Mieux vaut qu’ils s'effacent ensemble en soutenant une personne qu’ils apprécient l'un et l'autre et qui saura rétablir la paix et le travail en commun au service de Paris et de la France", proposait-il à l'automne non sans provocation.

Le président du conseil général de l'Orne a attendu le 11 mai pour renoncer. L'explication : "le danger d’être perçu comme  celui qui s’éloigne, pour ne pas dire qui abandonne, les électeurs de sa base provinciale. (...) Je suis et reste entièrement dévoué au service des Ornais, et ne me séparerai  d’eux que lorsqu’ils le choisiront ou que nous le déciderons ensemble", écrit-il sur son blog.

• Danièle Hoffman-Rispal se range derrière Cécile Duflot

C'était l'autre grand feuilleton qui agitait la capitale. La députée sortante socialiste Danièle Hoffman-Rispal allait-elle se présenter en dissidente contre Cécile Duflot, désignée candidate par l'accord PS-Verts ? En novembre, dans une lettre ouverte à Martine Aubry reproduite par Rue89, elle concluait : "Aussi présenterai-je ma candidature, si la situation n’évolue pas, précisément parce que je suis et demeure socialiste." Mais la situation a évolué. Danièle Hoffman-Rispal a mis sa déception entre parenthèses en acceptant d'être la suppléante de la patronne des Verts. L'entrée de Cécile Duflot au gouvernement libérerait en effet, à son profit, ce siège si envié.

• A Dijon, Safia Otokoré menace puis se ravise

Vice-présidente PS de la région Bourgogne chargée des sports, Safia Otokoré est surtout connue pour être le bras droit de Pierre Moscovici, pilier de la campagne de François Hollande. L'élue socialiste avait sollicité en décembre l'investiture de son parti dans la 3e circonscription de la Côte-d'Or. Sans succès. Mais quelques heures seulement après la victoire de François Hollande à la présidentielle, Safia Otokoré a assuré vouloir quand même s'y présenter, quitte à être exclue du PS. "Je me présente car beaucoup de citoyens me le demandent ", confiait-elle le 7 mai au quotidien Le Bien public.

Seulement trois jours plus tard, elle annonçait qu'elle se retirait de la course après avoir consulté les élus socialistes locaux : "Je prends acte de l’inopportunité, le cœur défait, pour mon camp, de présenter ma candidature." Avec un soupçon de mauvaise foi : "Si le système primaire avait été mis en place, une élue comme moi, connue et reconnue, à défaut de l’avoir été par moins de 200 militants, aurait eu sa chance."

• Serge Blisko abandonne la course à sa réélection à Paris

Député sortant (PS) à Paris, Serge Blisko avait eu la mauvaise surprise de voir sa circonscription attribuée aux Verts dans le cadre de l'accord passé avec le Parti socialiste. Le 7 mai, il confirmait pourtant sa candidature. "Rien ne me fera changer d'avis. Je ne retournerai pas en arrière", jurait-il auprès du Monde. Une menace qui n'aura tenu qu'une semaine : mardi, Serge Blisko a changé d'avis. Il ne sera donc pas candidat.

• L'accord PS-Verts sème le trouble

Dans la soixantaine de circonscriptions réservées par le PS à des candidats écologistes, de nombreuses candidatures dissidentes se sont déclarées ces dernières semaines. Mais dans plusieurs endroits, on décide finalement de rentrer dans le rang. C'est par exemple le cas de Raphaël Nisand, dans la 3e circonscription du Bas-Rhin. Le maire PS de Schiltigheïm renonce à affronter Andrée Buchmann (EELV), qui tentera de prendre le siège à la droite, indiquent les Dernières Nouvelles d'Alsace.

Même cas de figure à Besançon, dans la 2e circonscription du Doubs, où le maire de la ville, Jean-Louis Fausseret, se rangera finalement derrière le candidat écolo, rapporte l'Est républicain. A contre-cœur, "persuadé qu’une candidature socialiste était la plus à même de faire gagner la gauche".

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