Le tramway de Montpellier, plus important réseau de France, connaît raté sur raté

Le tramway de Montpellier (Hérault), devant le centre des congrès de la ville.
Le tramway de Montpellier (Hérault), devant le centre des congrès de la ville. (CINTRACT ROMAIN / HEMIS.FR / AFP)

HERAULT - Retards, défauts d'information, embouteillages de rames, desserte inachevée du littoral… La liste des récriminations est longue.

Devenu le plus grand réseau de France le 7 avril 2012 après son passage de deux à quatre lignes, avec 56 kilomètres de voies, le tramway de Montpellier accumule les difficultés et agace ses usagers. Retards, défauts d'information, embouteillages de rames, desserte inachevée du littoral… La liste des récriminations est longue.

Depuis le lancement des lignes supplémentaires, un investissement de 530 millions d'euros, des rames dessinées par le couturier Christian Lacroix, des ajustements techniques ont été opérés concernant les annonces sonores et l'identification des rames notamment. Mais des problèmes perdurent. Comme cette scène, récurrente, du conducteur qui sort du tramway, arrêté au feu rouge, pour tourner une clé.

"Les télécommandes de la rame ne fonctionnant qu'approximativement, nous sommes parfois amenés à sortir pour tracer notre itinéraire sur un boîtier situé sous un feu de manœuvre, à l'aide d'une clé spéciale qui nous sert aussi à ouvrir notre cabine", confie un agent.

Le tram "ira à la mer"… mais pas avant 2017

Autre grief : le tracé et la vitesse du tram, limitée à 10 km/h au nœud de la gare St-Roch, qui lui vaut d'être surnommé "tram le plus lent de France". "Les politiques ont fait le choix d'une desserte fine en centre-ville. En mettant une station tous les 600 mètres, le réseau serait plus rapide mais la desserte moins efficiente", répond Xavier Dupuy, directeur de la production de Transports de l'agglomération de Montpellier (TaM).

Dernier élément de discorde : la ligne 3 échoue à environ 1,5 km de la mer, à Pérols, au grand dam des touristes. Car la commune côtière de Palavas-les-Flots, qui devait initialement accueillir le tramway, est sortie de l'agglomération de Montpellier en 2004. "Le tram ira à la mer, c'est dans le sens de l'histoire", promet Jean-Pierre Moure, président de l'agglomération. Mais Yvon Bourrel, son homologue du Pays de l'Or (Mauguio-Carnon, Palavas, La Grande-Motte), n'en veut pas. Même en cas d'accord, TaM ne voit pas une desserte de la mer avant 2017.

Douze mille cafés pour s'excuser

Jean-Luc Frizot, directeur général de TaM reconnaît une mise en service mouvementée. TaM espère voir le trafic voyageurs progresser de 22%, rappelle le site spécialisé Mobili Cités, soit 15 millions de voyageurs supplémentaires sur l'ensemble du réseau dès avril 2012.

Des voyageurs parfois mécontents, qu'il faut choyer. Fin juin, l'entreprise a fait servir, en guise d'excuses, quelque 12 000 cafés et croissants à ses clients. "Il s'agissait de les remercier de leur patience !"

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