Le restaurant mis en cause dans la mort d'un adolescent fin janvier a rouvert ses portes ce week-end

Le 24 janvier 2011 à Avignon, le fast-food fermé par précaution après le décès suspect, le 22 janvier, d\'un adolescent.
Le 24 janvier 2011 à Avignon, le fast-food fermé par précaution après le décès suspect, le 22 janvier, d'un adolescent. (AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT)

L'enquête a établi que ce décès était lié à un repas pris dans l'établissement.Quick, qui a évoqué un possible "dysfonctionnement local", a "repris en exploitation directe le restaurant", situé dans la zone commerciale Cap Sud. Le groupe a conclu un accord avec le franchisé à qui il a racheté les murs et le fonds de commerce.

L'enquête a établi que ce décès était lié à un repas pris dans l'établissement.

Quick, qui a évoqué un possible "dysfonctionnement local", a "repris en exploitation directe le restaurant", situé dans la zone commerciale Cap Sud. Le groupe a conclu un accord avec le franchisé à qui il a racheté les murs et le fonds de commerce.

Le groupe avait annoncé mercredi avoir rompu le contrat le liant à ce franchisé, gérant de trois restaurants du Vaucluse. "On remet les équipes en place tranquillement", a souligné Me Jean Reinhardt, l'avocat du groupe, précisant que samedi, jour de la réouverture, "une baisse marquée de la fréquentation, de l'ordre de 40%", avait été constatée.

Une information judiciaire contre X a été ouverte vendredi dans l'affaire de l'adolescent décédé en janvier. L'information judiciaire est ouverte pour homicide involontaire "par violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence, prévue par la loi ou le règlement".

Les rapports d'expertise
Benjamin Orset, 14 ans, avait trouvé la mort le 22 janvier, après avoir dîné la veille avec son père au restaurant Quick Cap Sud à Avignon. "La synthèse des rapports médico-légaux permet de conclure que Benjamin Orset est décédé d'une toxi-infection alimentaire, liée à l'absorption d'un repas pris quelques heures avant sa mort", a déclaré vendredi la procureure de la République d'Avignon, Catherine Champrenault. "Cette analyse résulte d'abord de l'exclusion de toutes les autres hypothèses étudiées par le juge d'instruction: repas pris à la maison, élevage d'animaux par la famille, déjeuner à la cantine scolaire", a-t-elle ajouté.

Les expertises mettent en évidence "la présence de staphylocoques dorés dans le liquide gastrique" de la victime et "sur cinq employés sur les huit salariés ayant travaillé le 21 janvier 2011 dans l'établissement, ainsi que sur le sol carrelé du stand d'emballage des denrées alimentaires", a souligné Mme Champrenault.

Les hypothèses d'une rupture d'anévrisme ou d'une méningite ont été écartées. Par ailleurs, "l'analyse toxicologique est parfaitement négative: aucun stupéfiant, aucun médicament n'a entraîné le décès", avait déjà indiqué la procureure, rappelant que la victime était "en très bonne santé".

La préfecture du Vaucluse avait fermé le restaurant le 22 janvier après la mort de l'adolescent. Sa réouverture avait été autorisée la semaine dernière mais il a refermé ses portes, officiellement pour des raisons techniques, alors que le groupe Quick est en conflit avec le franchisé.

Rappel des Faits
Mort le 22 janvier, l'adolescent avait dîné la veille avec son père dans l'établissement de la chaîne Quick, dans la zone commerciale Cap Sud, sur la RN7. Peu après, le garçon et son père avaient été pris de vomissements et de violents maux de tête. A la suite du drame, l'établissement a été fermé pour une durée indéterminée et des prélèvements y ont été effectués dimanche par les enquêteurs.

Quick évoque un possible "dysfonctionnement"
Quick a évoqué vendredi un possible "dysfonctionnement local" à son restaurant d'Avignon au vu des premiers résultats de l'enquête. En janvier, la direction du Quick d'Avignon s'était dite "affligée d'apprendre le décès d'un adolescent" venu dîner dans son restaurant et avait assuré qu'elle prendrait le cas échéant "ses responsabilités", selon un communiqué visible lundi 24 janvier sur le site internet de la société.

Exprimant "la consternation" et "la forte incompréhension" du groupe après ce décès, le président de Quick, Jacques-Edouard Charret, avait précisé en janvier que "de nombreux clients ont consommé le même jour, les mêmes produits", sans que Quick ait pour l'instant enregistré "aucun retour d'un autre client".

"Nous avons servi 200 millions de repas l'année dernière et nous n'avons jamais eu d'antécédents", a-t-il dit, précisant que l'établissement franchisé d'Avignon avait servi "20.000 repas depuis début janvier".

"On investigue de notre côté pour comprendre ce qui a pu se passer", a souligné Jacques-Edouard Charret. Selon ce dernier, "la direction de Quick fera face à ses responsabilités si les résultats de cette enquête (judiciaire, Ndlr) devaient démontrer l'implication de l'entreprise".

Ancien fleuron belge de la restauration rapide, le groupe Quick, fondé en 1971, est passé en 2006 sous pavillon français. Il a été racheté par CDC Capital Investissement (rebaptisé depuis Qualium Investissement), filiale de la Caisse des Dépôts. Il emploie 18.500 employés dans 468 restaurants, dont 79% exploités en franchise.