Le procès en appel de l'explosion de l'usine AZF s'ouvre à Toulouse. Le drame avait fait 31 morts en 2001.

(ERIC CABANIS / AFP)

Le procès en appel s'ouvre deux ans après la relaxe au bénéfice du doute du directeur de l'usine, Serge Biechlin, et de l'industriel Grande Paroisse. Ils sont poursuivis pour homicides involontaires.

Le procès en appel s'ouvre deux ans après la relaxe au bénéfice du doute du directeur de l'usine, Serge Biechlin, et de l'industriel Grande Paroisse. Ils sont poursuivis pour homicides involontaires.

Ce nouveau procès fleuve, impliquant 2.700 parties civiles, 60 avocats et 180 témoins, durera quatre mois comme en celui de 2009. Il sera lui aussi filmé pour la postérité.

La thèse privilégiée par la justice est un accident chimique lié à des négligences, mais certains ex-salariés proches de la défense feront valoir que la piste criminelle a été trop rapidement écartée, appelant même à la barre l'ancien juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière. En septembre 2001, le drame avait fait 31 morts et 2500 blessés.

En première instance, le tribunal a relevé "les défaillances organisationnelles de l'exploitant". Il a dit sa "conviction que les experts judiciaires (approchaient) de la vérité" en expliquant l'accident par l'apport malencontreux d'un produit chloré sur le tas de nitrate d'ammonium (engrais ou explosif minier) stocké dans le hangar qui a explosé.

"Aucune explication crédible"

Mais il a relaxé les prévenus, en l'absence de preuve matérielle du mélange, estimant qu'"en matière pénale, il faut un lien de causalité certain" entre la faute et le dommage. Dès la relaxe, le parquet a fait appel au nom des victimes.

Cette catastrophe industrielle, la pire qu'ait connu la France depuis 1945, divise profondément les associations de victimes qui pourfendent une "usine-poubelle" et les ex-salariés regroupés dans l'association " Mémoire et Solidarité", qui réfutent le scénario des experts judiciaires. L'avocat de l'industriel, Daniel Soulez Larivière, opposera à ces derniers une dizaine de témoins-experts. Il estime encore n'avoir "aucune explication crédible" de l'explosion.

La première passe d'armes portera sur la demande de plusieurs parties civiles de juger Total et son ex-président Thierry Desmarest, comme les "lampistes" Grande Paroisse et M. Biechlin.
A la fin du procès de 2009, cette citation directe avait été jugée irrecevable car leur mise en examen avait été refusée à l'instruction, mais Total avait dû participer auparavant à toute l'audience avec les prévenus.

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