Le président Nicolas Sarkozy prononce une allocution radiotélévisée dimanche à 20H00

Michèle Alliot-Marie quitte l\'Elysée après s\'être entretenue avec le Président Nicolas Sarkozy, le 24 février 2011.
Michèle Alliot-Marie quitte l'Elysée après s'être entretenue avec le Président Nicolas Sarkozy, le 24 février 2011. (AFP - Patrick Kovarik)

Cette intervention se produit alors que la diplomatie française est bousculée suite aux soulèvements sociaux au Maghreb. Le président devrait probablement annoncer le changement de poste au quai d'Orsay alors que Michèle Alliot-Marie a présenté dimanche sa démission du poste de ministre des Affaires étrangères.

Cette intervention se produit alors que la diplomatie française est bousculée suite aux soulèvements sociaux au Maghreb. Le président devrait probablement annoncer le changement de poste au quai d'Orsay alors que Michèle Alliot-Marie a présenté dimanche sa démission du poste de ministre des Affaires étrangères.

L'Elysée a présenté la déclaration du président de la République sur les ondes radios et télévisées comme concernant la situation internationale. Dimanche, son entourage a précisé: M. Sarkozy "prépare son intervention très importante de ce soir" au cours de laquelle il évoquera "la situation internationale", notamment en Libye et Tunisie, et ses "conséquences" sur la politique française, étrangère et intérieure. "Il est important que le président de la République puisse donner une feuille de route et les perspectives de la France dans un monde qui bouge énormément. La France est la cinquième puissance du monde, elle doit avoir un message clair", a-t-on ajouté.

Selon plusieurs sources, Michèle Alliot-Marie serait remplacée comme chef de la diplomatie française par l'actuel ministre de la Défense, Alain Juppé.

Yves Jego pour un changement de Premier ministre
Le remaniement annoncé en France ne doit pas se limiter au ministère des Affaires étrangères mais doit se traduire également par un changement de Premier ministre, a déclaré dimanche Yves Jégo, ancien membre du gouvernement de François Fillon.

"Un remaniement n'a d'existence dans l'esprit des Français que s'il y a un changement de Premier ministre", a dit le député UMP sur Europe 1.

"Je plaide pour un vrai changement, un changement complet de gouvernement, de Premier ministre, pour une nouvelle étape du quinquennat de Nicolas Sarkozy parce que je pense que si on veut gagner en 2012, il faut ouvrir cet acte II du quinquennat", a ajouté celui qui fut secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-Mer de mars 2008 à juin 2009.

François Fillon à la Lanterne
Nicolas Sarkozy avait reçu samedi après-midi le Premier ministre François Fillon, lui-même mis à mal par son voyage en Egypte en décembre. Cette rencontre et l'annonce de l'intervention radiodiffusée du président de la République alimentent les spéculations sur un remaniement gouvernemental, dont la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie serait la principale concernée.

Le chef de l'Etat a reçu le Premier ministre pendant une heure et demie au pavillon de la Lanterne, à Versailles. Le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, était également présent. Nicolas Sarkozy est revenu à Paris dimanche après-midi.

Le chef de la diplomatie française, qui est revenue dans la nuit de samedi à dimanche du Koweït, est soumise à un feu roulant de critiques sur les conditions de son voyage de fin d'année en Tunisie.

Interrogée à Koweit par un journaliste d'Europe 1 sur le fait de savoir si la situation était difficile pour elle humainement, la chef de la diplomatie française a répondu: "Peu importe ce qui se passera quand j'atterrirai à Paris. Aujourd'hui, je suis totalement (...) dans mon travail de ministre des Affaires étrangères".

Vers un mini remaniement ?

Nicolas Sarkozy réfléchit à un réaménagement plus large que le simple départ de sa chef de la diplomatie, convaincu qu'il lui faut donner un nouvel élan à son gouvernement, soulignent plusieurs sources gouvernementales.

Parmi les hypothèses, celle d'une nomination de Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, à la tête du ministère de l'Intérieur est évoquée. Dans le cas, l'actuel locataire de la place Beauvau, Brice Hortefeux, pourrait succéder à Alain Juppé à la Défense, puisque le maire de Bordeaux est le grand favori pour succéder à Michèle Alliot-Marie au quai d'Orsay.

Le nom de Gérard Longuet, patron des sénateurs UMP, est souvent cité pour le ministère de la Défense, hypothèse renforcés par la présence de M. Longuet à Ankara vendredi au côté du chef de l'Etat. Bruno Lemaire, ministre de l'Agriculture, est également pressenti pour ce poste.

L'avenir de Patrick Ollier, ministre chargé des relations avec le Parlement et compagnon de Michèle Alliot-Marie, est lui aussi incertain. Certains le donnaient restant, d'autres sortant. Il a confié toutefois vendredi au Journal du dimanche, que si MAM partait il partirait lui aussi.

MAM a démissionné
Depuis le Koweït où elle a assisté aux cérémonies du 50e anniversaire de l'indépendance, Michèle Alliot-Marie, qui a démissionné dimanche, disait rester "sereine".

La veille sur France Info, elle avait assuré qu'elle serait lundi à Genève pour une réunion de l'ONU et pour y rencontrer son homologue américaine, Hillary Clinton, affirmant: "ma devise c'est bien faire et laisser dire" et "les rumeurs ne m'intéressent pas".

La ministre française des Affaires étrangères, en fonction depuis novembre, était fragilisée depuis qu'elle a proposé une coopération policière au régime de Ben Ali, en plein soulèvement tunisien. En vacances de fin d'année en Tunisie, elle a donné des explications floues sur ses relations avec un homme d'affaires tunisien.

Cette semaine, plusieurs parlementaires de la majorité présidentielle avaient demandé sa démission. L'opposition la réclame depuis plus d'un mois.

De plus, la crédibilité de la ministre est érodée au Quai d'Orsay, où la politique étrangère de la France fait face à des critiques. Du coup, le premier voyage ministériel dans la Tunisie de l'après Ben Ali s'est fait sans Michèle Alliot-Marie.

Son compagnon Patrick Ollier, ministre des relations avec le Parlement, est aussi mis en cause pour son implication dans des groupes d'amitiés parlementaires avec la Libye.

Réactions

L'ancien patron du PS François Hollande a estimé dimanche que le départ du gouvernement de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie marquait l''échec de la diplomatie française" et constituait "un affaiblissement de l'autorité du président".

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