Le président a déclaré jeudi qu'il ne "cèderait pas sur l'objectif" de réduction du nombre de morts sur les routes

démontage de panneau avertissant de la présence d\'un radar, le 16 mai 2011 à Dijon
démontage de panneau avertissant de la présence d'un radar, le 16 mai 2011 à Dijon (AFP PHOTO / JEFF PACHOUD)

"Je ne laisserai pas repartir le nombre de morts sur les routes à la hausse", a déclaré le chef de l'Etat dans le Var, lors de l'inauguration d'une brigade de gendarmerie à La Londe-Les-Maures.L'arrête du ministère de l'Ecologie et des Transport supprimant les panneaux prévenant des radars fixes en France a été publié jeudi au Journal officiel.

"Je ne laisserai pas repartir le nombre de morts sur les routes à la hausse", a déclaré le chef de l'Etat dans le Var, lors de l'inauguration d'une brigade de gendarmerie à La Londe-Les-Maures.

L'arrête du ministère de l'Ecologie et des Transport supprimant les panneaux prévenant des radars fixes en France a été publié jeudi au Journal officiel.

"Les panneaux SR3a et SR3b sont supprimés", selon l'arrêté. Ces panneaux annonçaient une zone où la vitesse est contrôlée par un ou des radars automatiques.

La décision du gouvernement de supprimer ces panneaux et d'interdire les avertisseurs électroniques de radar a viré au bras de fer avec les députés UMP, qui redoutent les conséquences de ces mesures très impopulaires, à un an des élections.

Une réunion tenue mercredi à l'Assemblée nationale, convoquée après que le Premier ministre a été chahuté par sa majorité sur les mesures du Comité interministériel de sécurité routière, n'a pas calmé le jeu entre élus UMP et le ministre de l'Intérieur Claude Guéant. Une association de fabricants d'avertisseurs de radars a appelé les automobilistes à bloquer les routes le 2 juin.

Les fabricants d'avertisseurs radar appellent à bloquer les routes le 2 juin
L'association regroupant les fabricants d'avertisseurs de radars a appelé mercredi les automobilistes à bloquer les routes sur l'ensemble du territoire le 2 juin pour dire "non" à leur interdiction, alors que le gouvernement a réaffirmé sa décision. "Nous appelons à une mobilisation générale le 2 juin contre la suppression injuste des avertisseurs", a déclaré Fabien Pierlot, le président de l'Association française des fournisseurs et utilisateurs de technologies et d'aides à la conduite (Afftac) lors d'un point presse en marge d'un rassemblement à Paris.

L'Afftac demande aux automobilistes de "bloquer toutes les routes en France et plus particulièrement en région parisienne", a ajouté Fabien Pierlot. Objectif: obliger le gouvernement à revoir sa copie car les "avertisseurs de radars sont des outils qui permettent de réduire les accidents en évitant les somnolences au volant via leur sonnerie permanente ; de rappeler les limitations de vitesse", a-t-il défendu.

Mercredi, plusieurs dizaines d'automobilistes, en majorité des commerciaux et des motards, sont venus apporter leur pétition, téléchargée souvent sur internet, devant les préfectures à Lyon, Lille, Strasbourg. Au total, plus d'un million de personnes ont déjà signé cette lettre de protestation à l'intention du Premier ministre François Fillon, selon l'Afftac.

Un appel à la mobilisation
Une association regroupant des fabricants d'avertisseurs de radars, l'Association française des fournisseurs et utilisateurs de technologies et d'aides à la conduite, avait lancé pour mercredi un appel à la mobilisation d'automobilistes hostiles à leur interdiction. Sur sa page Facebook, elle demandait à ses sympathisants de télécharger une lettre à l'intention de François Fillon et d'aller la remettre aux représentants de l'AFFTAC à Paris, ainsi que devant huit préfectures: Marseille, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Montpellier et Strasbourg.

Chahut mardi à l'Assemblée
Réunis salle Colbert, à l'Assemblée, dans le huis clos de la réunion hebdomadaire des députés UMP, ils ont obtenu la tenue de cette réunion de travail avec Claude Guéant, dont ils attendent un geste fort, à un an des élections. L'élu du Var Jean-Marc Roubaud a dénoncé le "manque d'écoute" du Premier ministre sur le durcissement des sanctions décidé la semaine dernière lors d'un comité interministériel de sécurité routière. Il faut "suspendre" ces mesures impopulaires, a dit Jean-Marc Roubaud, faute de quoi il "se suspendra du groupe" UMP.

Le Nouveau Centre est à son tour monté au créneau dans l'hémicycle. "Je regrette que le Parlement n'ait, sur cette question intéressant directement bon nombre de nos concitoyens, pas été associé à la réflexion du gouvernement", a lâché Nicolas Perruchot. Il a déploré des mesures qui "frappent indistinctement tous les automobilistes, qu'ils soient ou non professionnels de la route, qu'ils soient ou non des conducteurs effectivement dangereux".

Face à la fronde, une association appelle à la responsabilité
L'association Victimes et Citoyens a appelé mardi le gouvernement à la "responsabilité" en ne renonçant pas à la suppression des panneaux prévenant de la présence de radars. "Je lance un appel à la responsabilité. Un retour en arrière serait totalement inexplicable", a prévenu le vice-président de l'association, Vincent Julé-Parade, selon qui "les députés ont peur pour leur mandat. C'est une mesure qui leur paraît impopulaire, ils ont une attitude électoraliste. Il faut caresser l'électeur dans le sens du poil".

La suppression de ces panneaux est une "mesure assez courageuse et je ne peux pas croire que le Premier ministre n'avait pas envisagé la réaction de parlementaires qui avaient déjà voté l'assouplissement de points, voté contre l'avis du gouvernement", a lâché Vincent Julé-Parade avant de conclure: "Cette réaction était prévisible. Je ne pourrais comprendre que le gouvernement se dise tellement surpris qu'il revienne en arrière. Ce serait une volte-face impardonnable."

Vous êtes à nouveau en ligne