Le Parti socialiste a demandé mardi au gouvernement de "garantir un droit réel à la contraception et à l'IVG"

(France 2)

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a promis de renforcer la prévention des grossesses non désirées pour les jeunes et l'accès à l'avortement, après la remise mardi d'un rapport pointant les carences de la France en la matière.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a promis de renforcer la prévention des grossesses non désirées pour les jeunes et l'accès à l'avortement, après la remise mardi d'un rapport pointant les carences de la France en la matière.

"Les déclarations de Roselyne Bachelot sont en décalage avec les besoins en matière de contraception et les politiques actuellement menées par la droite, menaçant le droit des femmes à maîtriser leur sexualité", écrivent dans un communiqué les secrétaires nationales PS Marisol Touraine (santé) et Gaëlle Lenfant (droits des femmes).

"Le droit à l'avortement, aujourd'hui remis en cause, doit être protégé. La mise en place de la loi HPST conduit à de nombreuses restructurations hospitalières et à la fermeture de centres IVG. L'accès à l'IVG, sur tout le territoire, n'est pas garanti et les délais d'attente peuvent contraindre certaines femmes à se rendre à l'étranger pour pouvoir avorter", poursuivent-elles.

Le PS "exhorte le gouvernement à faire appliquer l'obligation légale d'offre de soins en matière d'avortement à l'hôpital public, et à faire respecter le délai légal de l'IVG". Les socialistes rappellent leur proposition d'un "+pass contraception+ permettant aux jeunes filles inscrites dans les lycées et établissements de formation relevant des conseils régionaux d'avoir accès gratuitement à une consultation médicale et à un moyen de contraception".

Plus tôt, Ségolène Royal, qui a institué dans sa région de Poitou-Charentes les premiers "pass contraception", s'en est prise au gouvernement qui veut les "bloquer".

IVG: un rapport sur les carences de la France
Mme Bachelot a admis mardi qu'il persistait "des inégalités territoriales" dans l'accès à l'IVG, avec des délais d'attente de parfois plus de 15 jours, et a déploré "un manque d'information sur la sexualité et la contraception". Pour y remédier, elle veut notamment "renforcer" les centres de planification et mettre en place "un accès gratuit et anonyme à la contraception pour les mineures" via des consultations auprès de médecins volontaires. Elle prévoit aussi de revaloriser en 2010 "d'au moins 10%" la rémunération des établissements pratiquant des IVG chirurgicales.

Le rapport remis par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) pointe notamment le fait que "les IVG tardives ne (soient) pas prises en charge partout" et note qu'il persiste des "goulots d'étranglement dans certaines zones de fortes demandes", notamment les grandes villes.

Le nombre d'établissements pratiquant l'IVG est passé de 729 en 2000 à 639 en 2006, réduisant de fait le choix quant aux méthodes d'IVG . "Peu attractive" pour les personnels de santé et pour les établissements, l'IVG chirurgicale est de moins en moins pratiquée. Côté prévention, il y a un "niveau préoccupant" d'échecs des moyens de contraception (72% des IVG sont réalisées sur des femmes sous contraception). Quant aux jeunes, leur droit à la contraception "leur est dénié dans les faits" et l'Education nationale ne joue pas suffisamment son rôle en matière d'éducation sexuelle. Le coût de la contraception est jugé souvent trop élevé, jusqu'à 175 euros annuels pour un timbre contraceptif hebdomadaire.