Le nombre de gardes à vue en France en 2009 a atteint environ 800.000, a indiqué mercredi le ministère de l'Intérieur

(archives)
(archives) (France 2)

Cette mise au point intervient alors que le 14 janvier, le gouvernement avait avancé le chiffre de 580.000 (+0,40% par rapport à 2008) en présentant les chiffres officiels de la délinquance.Or les statistiques ont été contestées par un livre du journaliste Mathieu Aron qui évoque, lui, le chiffre de 900.000 gardes à vue.

Cette mise au point intervient alors que le 14 janvier, le gouvernement avait avancé le chiffre de 580.000 (+0,40% par rapport à 2008) en présentant les chiffres officiels de la délinquance.

Or les statistiques ont été contestées par un livre du journaliste Mathieu Aron qui évoque, lui, le chiffre de 900.000 gardes à vue.

Selon le journaliste de France-Info, il y a "impasse" sur cette question délicate, car pas moins de 300.000 gardes à vue "fantômes", supplémentaires (aux près de 600.000 déclarées le 14 janvier), ont été "oubliées" dans les statistiques officielles.

Dans un livre à paraître cette semaine, Mathieu Aron affirme, en effet, que le chiffre de 580.000 n'avait pas pris en compte les gardes à vue pour des délits routiers, ni les chiffres de l'Outre-mer.

Mercredi matin, le porte-parole du ministère de l'Intérieur Gérard Gachet a reconnu cet état de fait sur France-Info, tout en niant toute "volonté de cacher des chiffres". "Il y a simplement deux comptabilités distinctes depuis toujours, d'un côté les crimes et délits, de l'autre côté les infractions routières", a-t-il plaidé sur France Info.

Le porte-parole gouvernemental a concédé que les gardes à vue "routières" étaient d'environ 200.000 en 2009, et que les chiffres de l'Outre-mer n'étaient "pas encore connus". Gérard Gachet a ajouté ne pas vouloir se livrer à une "bataille de chiffres" et que la question des gardes à vue routières est "posée pour la première fois".

"Il y a deux comptabilités distinctes" des gardes à vue, a fait valoir le porte-parole de l'Intérieur, pour qui il "n'est pas anormal" que des personnes interpellées sur les routes, en état d'ébriété par exemple, soient "placées en garde à vue".

L'outil statistique de la délinquance fera "mieux ressortir" à l'avenir ces chiffres, a promis Gérard Gachet, niant toute "dérive" des gardes à vue en France.

Les gardes à vue sont de plus en plus contestées, tant par des avocats ou des hommes politiques, autant sur leur nombre que sur leurs modalités. Les avocats ont lancé, fin 2009, une offensive juridique en s'appuyant sur plusieurs arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme.