Le malheur des Français vient-il de leur culture ?

Un couple regarde la mer au Croisic (Loire-Atlantique).
Un couple regarde la mer au Croisic (Loire-Atlantique). (ALAIN LE BOT / AFP)

Les Français sont moins heureux qu'ils ne le devraient, et cela pour des raisons culturelles, selon l'étude d'une économiste. Explications.

Les Français sont plus pessimistes que jamais sur leur avenir. En cause, la crise, le chômage, mais aussi une sorte de spleen typiquement hexagonal. C'est en tout cas ce qu'écrit le Guardian (en anglais), dimanche 24 mars : "Les Français ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes pour leur malaise." Le quotidien britannique revient sur une étude de Claudia Senik, professeure à l'Ecole d'économie de Paris. On y apprend que les Français sont moins heureux qu'ils ne le devraient, et cela pour des raisons culturelles. Explications.

Des raisons d'être heureux

Le Guardian dresse la liste de ce qui devrait rendre les Français heureux : un Etat-providence généreux, un accès universel et gratuit aux soins de santé, des hôpitaux, des écoles publiques, des universités, et surtout "une semaine de 35 heures de travail". Preuve que ces conditions de vie sont confortables, "150 000 Britanniques" ont choisi de vivre en France.

Le correspondant du Financial Times à Paris fait le même constat : "Le pays le plus visité du monde a un bon équilibre travail-vie privée, une productivité élevée, de la nourriture décente, des tas d'investissements étrangers et des trains qui arrivent à l'heure", écrit-il dans un article paru en mai 2012, au moment de la sortie de l'étude de Claudia Senik.

Et pourtant, le malheur 

Malgré cela, "les Français se sentent bien moins heureux que ne le prédirait leur indice de développement humain (IDH)", expliquait Claudia Senik dans une tribune publiée par Le Monde en octobre 2011. L'IDH prend en compte le niveau de vie, l'espérance de vie et le niveau d'éducation. Sur une échelle de bonheur de 0 à 10, la France se place en moyenne à 7,2, "une très mauvaise note". A IDH égal, les Belges enregistrent une note de 7,7 et les Danois de 8,3.

Pire, remarque le Guardian, le taux de suicide en France est le plus élevé de "la vieille Europe", à l'exception de la Finlande. Et un récent sondage a montré que les Français étaient plus pessimistes dans leurs attentes concernant l'année à venir que les Irakiens et les Afghans.

Pourquoi tant de pessimisme ?

"Le 'malheur français' ne s'étend pas aux immigrés" et "les Français vivant à l'étranger sont moins heureux que d'autres Européens vivant hors de leur pays d'origine", explique Claudia Senik dans Le MondePour l'économiste, cela suggère que le malheur des Français vient très certainement de leur mentalité et de leur culture. Elle pointe notamment du doigt notre système éducatif.

Le journaliste du Financial Times avance la même explication : en France, "les élèves français obtiennent habituellement des notes faibles, mais ce qui détermine la note exacte de chaque enfant est sa performance par rapport aux autres élèves. En bref, on fait d'eux des concurrents. Cela peut aider à expliquer le manque de confiance en eux des Français."

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