Le maire PS de Joué-lès-Tours a fait apposer la semaine dernière la mention "laïcité" sur son fronton. Polémique

Le fronton de la mairie de Joué-lès-Tours. 02/10
Le fronton de la mairie de Joué-lès-Tours. 02/10 (DR Mairie de Joué-lès-Tours)

"Après le discours de Nicolas Sarkozy sur la laïcité positive en 2007, le débat très glauque sur l'identité nationale, la loi sur la burqa, je me suis dit qu'il fallait entrer en résistance contre une banalisation du fait religieux dans la vie publique", a expliqué le maire, Philippe Le Breton.L'UMP et la préfecture sont intervenus immédiatement.

"Après le discours de Nicolas Sarkozy sur la laïcité positive en 2007, le débat très glauque sur l'identité nationale, la loi sur la burqa, je me suis dit qu'il fallait entrer en résistance contre une banalisation du fait religieux dans la vie publique", a expliqué le maire, Philippe Le Breton.

L'UMP et la préfecture sont intervenus immédiatement.

"Je ne stigmatise aucune religion, je veux que toute religion soit respectée, mais il y a des lieux de culte pour cela", a-t-il souligné. "Aujourd'hui il y a un mauvais islam, porté par une poignée de fanatiques, formés dans des écoles coraniques au Pakistan et qui essaient de déstabiliser les responsables des mosquées de France. (...) Il faut savoir résister à cela", a-t-il martelé.

Le préfet Joël Fily a cependant rappelé au maire que "bien que la laïcité soit un principe à valeur constitutionnelle, les termes de la devise 'Liberté-Egalité-Fraternité' sont fixés depuis 1946 par les Constitutions (1946 et 1958) et que seul le pouvoir constituant (...) peut la modifier". "Le maire a donc été invité à supprimer la mention 'laïcité'" inscrite en lettres bleues sur le fronton de sa mairie, précise-t-on à la préfecture.

Les élus de l'opposition municipale se sont dit quant à eux "scandalisés" dans un communiqué, déplorant qu'il n'ait "même pas demandé l'avis du conseil municipal" et lui demandant de retirer la mention.

M. Le Breton a rappelé pour sa part qu'une initiative du même type avait été prise avant lui par le maire UMP d'Etampes et rétorque au préfet Joël Fily que son argumentaire "ne vaut pas un clou".