Le jeune de 17 ans, qui avait pris en otage une maternelle lundi a été transféré mardi au commissariat de Besançon

Des policiers qui patrouillent dans une cage d\'escalier.
Des policiers qui patrouillent dans une cage d'escalier. (AFP / Jean-Philippe Ksiazek)

Placé depuis lundi sous le régime de la garde à vue, à l'hôpital où il était traité depuis son interpellation, il a été transféré dans les locaux du commissariat de Besançon pour être entendu mardi par les enquêteurs de l'antenne bisontine de la police judiciaire.

Placé depuis lundi sous le régime de la garde à vue, à l'hôpital où il était traité depuis son interpellation, il a été transféré dans les locaux du commissariat de Besançon pour être entendu mardi par les enquêteurs de l'antenne bisontine de la police judiciaire.

Il s'est "bien remis" de son hospitalisation et notamment de la décharge de pistolet à impulsions électriques (Taser) reçue lors de son interpellation, a indiqué la police judiciaire. D'après plusieurs sources proches de l'enquête, le jeune homme a été atteint au visage par une électrode du Taser qui l'a légèrement blessé. L'une des sources précise qu'il a baissé la tête au moment de l'interpellation et que l'arme, utilisée au minimum de sa puissance par les policiers, l'a touché par inadvertance.

Le parquet de Besançon avait indiqué que le preneur d'otage n'était pas connu pour des problèmes psychologiques graves.

D'après le parquet, les deux sabres d'une quarantaine de centimètres qu'il détenait étaient des "objets de style décoratif" mais qui restaient "pointus et tranchants, donc inquiétants et dangereux".

Une enquête en flagrant délit pour "séquestration aggravée avec libération volontaire avant le septième jour" et "intrusion dans un établissement scolaire avec arme" a été confiée à la police judiciaire de Besançon.

Rappel des faits
Lundi le jeune homme avait pris une classe de 21 élèves de l'école maternelle Charles-Fourier et son institutrice en otage durant quatre heures dans la matinée. Armé de deux sabres, il a relâché 6 élèves, puis 10, avant d'être neutralisé à l'heure du repas par les policiers du Groupe d'intervention de la police nationale.

Les otages ne se sont "jamais sentis en danger"
Nathalie Roffet, l'institutrice en poste depuis 5 ans dans cette école maternelle, a déclaré ne s'être "jamais sentie en danger". "Il avait les deux sabres en main toute la matinée mais nous ne nous sommes jamais sentis en danger", raconte-t-elle.

Décrit par cette femme de 37 ans, comme "complètement perdu", restant "prostré dans un coin", le jeune homme de 17 ans qui a pris en otages les enfants, les a finalement libérés avant d'être neutralisé par la GIPN.

Il est entré "comme un grand frère" d'élève à 8h50, pendant l'accueil des enfants dans cette école du quartier sensible de Planoise. "Il n'a pas éveillé les soupçons", raconte-t-elle.

"C'est une prise d'otages, fermez les rideaux", a-t-il finalement lancé à la classe de 21 élèves, âgés de trois et quatre ans, dans laquelle il s'était introduit.

L'institutrice et ses deux aides maternelles s'exécutent dans le calme. L'une des assistantes sort discrètement et prévient la direction qui évacue le reste de l'école.

"J'ai fait asseoir les enfants, on a fait des dessins, des puzzles et chanté des chansons, comme d'habitude. En fait, je faisais la classe pendant que lui était au téléphone avec le négociateur", décrit Nathalie Roffet qui est restée libre de ses mouvements entre les murs de l'école.

"Les enfants ne se sont pas vraiment rendu compte de la situation. Seuls quelques garçons étaient intrigués par les deux sabres (de 30 cm) qu'il tenait à la main", ajoute-t-elle.

Le preneur d'otages était "fatigué, épuisé même", se souvient-elle. "Il a pleuré au téléphone. Je lui ai dit que je ne pourrais pas tenir les enfants longtemps".

Sans trop de difficultés, il accepte de relâcher six bambins, qui sortent avec l'aide maternelle restée dans la classe. Elle revient chercher dix autres petits.

Ensuite "j'ai choisi les cinq enfants les plus calmes, ceux qui étaient le plus à même de rester avec moi", confie l'institutrice qui ne s'est jamais sentie en danger car, dit-elle, "la violence n'était pas dirigée contre les enfants, mais contre lui-même".

A midi, Nathalie lui fait remarquer que les petits ont besoin de manger. Il accepte. En guise de repas, ce sont les membres du GIPN qui se présentent derrière la porte, appelant les enfants les uns après les autres, par leur nom. Toujours retranché dans un coin de la pièce, le preneur d'otages "les laisse sortir, jusqu'à ce qu'il soit tout seul dans la pièce", précise l'institutrice.

Il a été neutralisé peu avant 13h par une décharge de Taser, confirme Laurent Gresset, membre du syndicat de police Alliance, parlant d'un "usage de la force limité".

Un jeune homme sans histoires mais dépressif
Le preneur d'otages est scolarisé en CAP à Besançon "dans une discipline industrielle", a indiqué le parquet de Besançon, sans donner plus de précisions afin de préserver l'anonymat du jeune mineur.

K., qui vit seul avec sa mère dans le quartier sensible de la Planoise et dont les parents sont séparés, n'avait "aucun antécédent judiciaire", a-t-on ajouté au parquet, qui n'a pas souhaité se prononcer sur d'éventuels antécédents psychiatriques.

Son profil contraste avec la gravité des faits qui lui sont reprochés. La théorie du "coup de folie" d'une personne qualifiée de "dépressive" revient avec insistance. La préfecture, notamment, a rapidement évoqué un jeune homme "fragile psychologiquement".

"Le jeune homme était plus dépressif, voire suicidaire, que dangereux, puisqu'il voulait une arme pour se suicider", a estimé Laurent Gresset, secrétaire régional du syndicat de police Alliance, en référence à une demande récurrente de K. tout au long de la prise d'otages.

"Il n'a jamais fait usage de violence, n'a jamais menacé les enfants", a également souligné M. Gresset.

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