Le directeur général de France Télécom a décidé de reconnaître le suicide d'un salarié comme accident du travail

Stephane Richard, DG de France Télécom, lors d\'une conférence de presse, le 5 juillet 2010 à Paris.
Stephane Richard, DG de France Télécom, lors d'une conférence de presse, le 5 juillet 2010 à Paris. (AFP/ERIC PIERMONT)

Stéphane Richard a fait fi des avis défavorables de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et d'une commission interne, aannoncé mardi la direction.Il s'agit de la première décision de ce type prise par le directeur général de France Télécom, nommé à la tête du groupe en mars dernier.

Stéphane Richard a fait fi des avis défavorables de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et d'une commission interne, aannoncé mardi la direction.

Il s'agit de la première décision de ce type prise par le directeur général de France Télécom, nommé à la tête du groupe en mars dernier.

Ce salarié, qui était un fonctionnaire de 51 ans, s'était suicidé à son domicile à Marseille le 14 juillet 2009, en expliquant dans une lettre qu'il se suicidait "à cause de (son) travail à France Télécom".

"Au-delà de l'avis prononcé par la commission de réforme (instance interne, ndlr) sur le lien du drame qui nous a touché avec l'entreprise, Stéphane Richard a décidé qu'en tant que dirigeant de ce groupe, il devait assumer un devoir d'assitance et de mémoire vis-à-vis des disparus, de leurs environnements familiaux et professionnels", a déclaré un porte-parole de France Télécom à l'AFP.

Le directeur général "souhaite également tout mettre en oeuvre pour que tous ensemble nous puissions surmonter ce moment particulièrement douloureux". "Dans cet esprit, il a décidé de considérer ce suicide comme un accident de service", a ajouté le porte-parole.

Son cas avait révélé le malaise des salariés
Depuis 2008, le groupe a compté 58 cas de suicides. Le geste du fonctionnaire à Marseille n'était pas le premier, mais il avait mis sur le devant de la scène le malaise d'une partie des salariés. Les syndicats avaient notamment cité son cas pour dénoncer le management, les mobilités forcées et les restructurations dans le groupe qui emploie quelque 100.000 salariés, dont 65% de fonctionnaires.

La reconnaissance de ce suicide en accident de service (terme désignant un accident du travail dans la fonction publique) avait été rejetée le 10 juin ainsi que jeudi dernier par une "commission de réforme", une instance consultative composée de deux médecins, deux syndicalistes et deux membres de la direction.

La commission avait suivi les recommandations de l'Igas, qui avait jugé que le suicide n'avait pas d'origine professionnelle. Il revenait au directeur général de France Télécom de trancher. Sa décision de classer le suicide en accident de service, ce qui doit faire bénéficier les ayants droit d'une rente, est définitive.