Le député UMP et ancien ministre chiraquien Henri Cuq est décédé vendredi à Paris à l'âge de 68 ans

Henri Cuq, député et ancien ministre dans le gouvernement de Jacques Chirac.
Henri Cuq, député et ancien ministre dans le gouvernement de Jacques Chirac. (AFP - Pierre Andrieu)

La carrière de cet homme politique, comme parlementaire et ministre, est marqué par sa fidélité à toute épreuve à Jacques Chirac.Leur rencontre remonte aux années 70. Henri Cuq est directeur des renseignements généraux en Corrèze alors que Jacques Chirac y préside le Conseil général.

La carrière de cet homme politique, comme parlementaire et ministre, est marqué par sa fidélité à toute épreuve à Jacques Chirac.

Leur rencontre remonte aux années 70. Henri Cuq est directeur des renseignements généraux en Corrèze alors que Jacques Chirac y préside le Conseil général.

Quand Jacques Chirac devient maire de Paris, il le rejoint comme chargé de mission, avant de devenir, de 1979 à 1984, son chef de cabinet.

Il fait son entrée discrète en politique, en devenant député de l'Ariège en 1986, puis des Yvelines en 1988. Réélu à chaque élection, il devient une des figures du Palais-Bourbon.

De mai 2004 à juin 2007, il est ministre délégué aux Relations avec le Parlement, à la fois auprès de Jean-Pierre Raffarin et de Dominique de Villepin.

Né à Toulouse le 12 mars 1942, où il obtient le diplôme de Sciences politiques, Henri Cuq a lié son destin, dans la réussite comme dans les pires difficultés à son mentor. Il a pris la défense de Jacques Chirac avec véhémence sur les différentes affaires, aussi bien celle des emplois fictifs que celle de la "prise illégale d'intérêt".

Le 18 décembre 2009, il estimait "surréaliste" la mise en examen de l'ancien président, estimant que "ce nouvel épisode procédural confinait au harcèlement judiciaire".

Sa fidélité, quasi-inconditionnelle à l'ancien président, le pousse à créer et présider en 2008 l'Association "Avec le président Chirac". A ses côtés, l'ancien président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, l'ancienne ministre de l'Outre-Mer, Brigitte Girardin, et l'actuel ministre du Budget, François Baroin.

Il fait partie des députés de la majorité, rares au début du quinquennat, qui n'hésitent pas à afficher leur indépendance, et à lancer des critiques touchant directement ou indirectement Nicolas Sarkozy.

Le moment le plus fort fut juillet 2008. Il est, avec le président du MoDem, François Bayrou, un des parlementaires qui ont dénoncé les "marchandages" et les "pressions" de l'exécutif pour faire adopter au Congrès la réforme de la Constitution. "Il y a des débauchages et des médiocrités. On nous dit qu'il faut revaloriser le Parlement. Or, on fait des pressions inacceptables. Des députés ont été convaincus de changer de vote en étant achetés ou contre la promesse d'un maroquin", déclare-t-il alors.

Sophie Primas (UMP), suppléante du député décédé dans la 9e circonscription des Yvelines, siègera à sa place à l'Assemblée nationale jusqu'au terme de la législature en 2012.

Les réactions

Nicolas Sarkozy a salué vendredi la mémoire d'Henri Cuq dont il a souligné la "fidélité" aux "valeurs du gaullisme" et le "sens inné des rapports humains". "Demeuré attaché, durant toute sa carrière professionnelle et politique, aux valeurs du gaullisme, c'est au service de l'Etat qu'il exprima cette fidélité en devenant commissaire de police à 27 ans", a déclaré le chef de l'Etat dans un communiqué.

Nicolas Sarkozy a également souligné la "loyauté sans faille" de l'ex-ministre à son prédécesseur Jacques Chirac. "Ceux qui l'ont côtoyé savent que son amitié, une fois offerte, était définitive", a ajouté le président avant de présenter ses condoléances attristées à sa famille et à ses proches".

Bernard Accoyer (UMP), président de l'Assemblée nationale : "Toujours disponible et à l'écoute de ses collègues, Henri Cuq était un homme de conviction, chaleureux et convivial. Parlementaire exemplaire, il était très apprécié de ses collègues. De famille gaulliste, il restera toujours fidèle à son idéal".

Henri de Raincourt, ministre des Relations avec le Parlement : "Inlassable serviteur de la Nation, il assuma tout au long de sa vie ses responsabilités avec dévouement et passion (...) Henri Cuq gardera une place particulière dans la mémoire des personnes l'ayant côtoyé et dans le grand livre de l'histoire du Parlement".

Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, "perd aujourd'hui un ami". "Homme de fidélité et de contact, chiraquien de coeur, Henri Cuq aura marqué le Parlement. C'est une figure et une mémoire de l'Assemblée qui disparaît. Sa générosité, sa chaleur humaine et son engagement lui permettaient de rapprocher les hommes, au-delà des clivages".

Jean-Pierre Bel, sénateur de l'Ariège et président du groupe PS à la Haute Assemblée: "Ancien député de l'Ariège attaché à notre département, Henri était avant tout un ami. Par-delà nos différences politiques, j'ai toujours eu une grande considération et beaucoup de respect pour son engagement au service de la France. Sa carrière est éloquente. Elle démontre à quel point il était un homme de valeur et un grand Républicain".