Le Conseil économique et social pointe les lacunes de la prise en charge des troubles psychiatriques chez l'enfant

Scolarisation des enfants handicapés
Scolarisation des enfants handicapés (F3)

Au menu des critiques, le Conseil économique et social met en lumière: un dépistage tardif, des délais de rendez-vous trop longs ou encore une mauvaise application de la loi sur l'intégration des handicapés (2005).De plus, le nombre de patients pris en charge en pédopsychiatrie a augmenté de 7% depuis 2000. L'état des lieux est critique.

Au menu des critiques, le Conseil économique et social met en lumière: un dépistage tardif, des délais de rendez-vous trop longs ou encore une mauvaise application de la loi sur l'intégration des handicapés (2005).

De plus, le nombre de patients pris en charge en pédopsychiatrie a augmenté de 7% depuis 2000. L'état des lieux est critique.

Rapporteur du projet et père d'enfants autistes, Jean-René Buisson a témoigné de "l'espèce d'épuisement permanent" que subissent parents et associations. "L'accompagnement des familles est très en retard et très inégalitaire", a-t-il souligné, posant notamment le problème de l'intégration scolaire. "L'intégration en milieu ordinaire nécessite un réseau, une énergie et des moyens financiers" qui créent des injustices, a-t-il ajouté.

La loi de 2005 sur le handicap est "globalement un échec", a estimé M. Buisson, soulignant qu'"une volonté politique doit se manifester" pour qu'elle s'applique effectivement dans tous les établissements scolaires. Il a précisé avoir dû lui-même scolariser ses enfants dans une école privée, au prix d'efforts renouvelés chaque année pour recruter, et financer, des auxiliaires de vie scolaire. Le projet d'avis réclame la création d'un statut pour ces auxiliaires et une formation adaptée. Il recommande par ailleurs de "mieux définir le rôle des psychologues, très souvent peu valorisé", et qui peuvent jouer "un rôle essentiel" dans le pré-diagnostic voire le début de la prise en charge.

Le délai d'obtention d'un premier rendez-vous en vue d'un bilan global pour un enfant dont on pense qu'il peut présenter un trouble peut atteindre une année, a déploré M. Buisson. C'est un "goulet d'étranglement", a-t-il souligné. "Les files d'attentes se sont beaucoup allongées, c'est vrai, mais parce qu'il y a eu aussi une espèce de psychiatrisation généralisée de tout et de rien", a pour sa part regretté Bernard Golse, chef du service de pédopsychiatrie à l'hôpital Necker à Paris. "Il faudrait re-hiérachiser l'urgence des demandes", a-t-il déclaré, estimant qu'il serait également nécessaire de "faire de l'éducation des parents".

Le rôle clé de l'Education nationale
En matière de prévention, le projet d'avis préconise de mieux former les médecins, mais aussi de sensibiliser les enseignants au repérage des troubles. L'éducation nationale a "un rôle clé", a estimé M. Buisson, soulignant que c'est souvent au contact de la première collectivité qu'apparaît "le côté différent" d'un certain nombre d'enfants.

Le projet d'avis recommande une journée de sensibilisation "systématique" pour les enseignants de maternelle, une "revalorisation de rôle du médecin scolaire", ainsi que la mise en place de "psychologues référents" au niveau de l'académie.

Pour les adolescents, le rapport recommande la mise en place d'un suivi pour les jeunes en "voie de rupture scolaire", qui pourrait aller jusqu'au signalement auprès des services sociaux.

M. Buisson a souligné qu'il s'agissait de propositions "pragmatiques", le "seul point ambitieux" du projet d'avis étant de réclamer "un plan pluriannuel". Le projet d'avis devait être discuté mardi et mercredi en assemblée plénière du Conseil économique et social.