Le cirque tzigane Romanès s'estime menacé par les récentes mesures d'expulsion des Roms

Alexandre Romanès, ex-Bouglione, fondateur du cirque tzigane Romanès.
Alexandre Romanès, ex-Bouglione, fondateur du cirque tzigane Romanès. (AFP - Bertrand Langlois)

Les permis de travail des 5 musiciens roumains de la troupe ont été annulés et le cirque devra sans doute quitter d'ici la fin de l'année le terrain qu'il occupe porte de Champerret (17e)."On a peur. D'un jour à l'autre, on risque de tout perdre", s'inquiète Alexandre Romanès, fondateur il y a 18 ans de ce cirque poétique et pas comme les autres.

Les permis de travail des 5 musiciens roumains de la troupe ont été annulés et le cirque devra sans doute quitter d'ici la fin de l'année le terrain qu'il occupe porte de Champerret (17e).

"On a peur. D'un jour à l'autre, on risque de tout perdre", s'inquiète Alexandre Romanès, fondateur il y a 18 ans de ce cirque poétique et pas comme les autres.

Les ennuis pleuvent depuis quelques mois sur cette troupe familiale qui a représenté la France lors de l'exposition universelle de Shangaï (Chine) le 21 juin dernier.

"On nous cherche des poux dans la tête"
Comme tous les ans, avant une nouvelle saison qui doit démarrer le 6 novembre, le cirque avait fait ses demandes de permis de travail. D'abord acceptées, elles ont ensuite été refusées, comme ils l'ont découvert avec surprise à leur retour de Chine au début de l'été.

Selon une porte-parole du cirque, l'inspection du travail a justifié son revirement par le fait que le salaire minimum n'était pas respecté. "C'est faux, la législation du travail est strictement respectée, mais ils sont payés au cachet", explique la direction de la troupe, insistant sur le fait que le spectacle aurait beaucoup de mal à exister sans les musiciens roumains.

L'inspection du travail a toutefois mis en avant une autre infraction à la législation française: la participation des enfants de la troupe au spectacle. "On vient nous chercher des poux dans la tête, jusqu'à présent c'était toléré", rétorque Alexandre Romanès.
Les enfants sont désormais bannis de la scène et les dirigeants du cirque doivent s'acquitter d'une amende de 19.000 euros pour "travail dissimulé".

Comme si cela ne suffisait pas, le terrain qu'occupe la famille Romanès porte de Champerret sera utilisé pour un autre projet de la Ville de Paris d'ici la fin de l'année.

"J'y vois un lien avec la décision de Nicolas Sarkozy de prendre des mesures sur les gens du voyage. On pose deux problèmes, on est pauvres et on est nomades", estime Alexandre Romanès.

Soirée de soutien lundi soir
Pour pouvoir s'acquitter de sa dette et sensibiliser à sa cause, le cirque Romanès organisait lundi soir à 19h30 un spectacle de soutien, +Les Tziganes tombent du ciel+, sous son chapiteau, avec participation libre.

Présent lors de la soirée, Christophe Girard, adjoint socialiste au maire de Paris, chargé de la Culture, estime qu'il est "extrêmement important qu'ils se sentent soutenus, le cirque Romanès est un des lieux poétiques de Paris". "Ils savent que cet endroit est provisoire et nous sommes en discussion avec le maire du XVIe, qui est tout à fait prêt à les accueillir".

Alexandre et sa femme Délia, une Roumaine qui a fui le régime de Ceaucescu à l'âge de 15 ans, ont créé un comité de soutien pour sauver leur cirque. En un mois, plus de 13.000 personnes, dont de nombreuses personnalités telles que Jane Birkin, Josiane Balasko, Tony Gatlif ou Clémentine Célarié ont signé la pétition.

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