Le chef de l'Etat et du gouvernement se sont exprimés pour la première fois mardi sur la situation de M. Strauss-Kahn

Le président Nicolas Sarkozy, le 12 mai à Arras.
Le président Nicolas Sarkozy, le 12 mai à Arras. (AFP/ERIC FEFERBERG)

Lors d'un petit-déjeuner à l'Elysée, le président Sarkozy qui s'était abstenu de toute réaction publique à l'inculpation du directeur général du FMI, a demandé "hauteur et dignité" aux dirigeants de la majorité dans leurs réactions à cette affaire.Plusieurs députés, notamment de la "Droite populaire", ont fait preuve cependant de moins de retenue.

Lors d'un petit-déjeuner à l'Elysée, le président Sarkozy qui s'était abstenu de toute réaction publique à l'inculpation du directeur général du FMI, a demandé "hauteur et dignité" aux dirigeants de la majorité dans leurs réactions à cette affaire.

Plusieurs députés, notamment de la "Droite populaire", ont fait preuve cependant de moins de retenue.

De la mesure au sein de l'UMP...
Mardi à midi, devant les députés UMP réunis à huis clos, François Fillon a appelé à "faire preuve de mesure et de responsabilité" mais il a aussi ajouté : "Si faits sont "avérés", il s'agit d'un "acte très grave" n'appelant "aucune excuse". "C'est une affaire de droit commun, pas une affaire d'Etat", a insisté le Premier ministre.

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, "un peu à court de mots" et "hésitant", a estimé qu'on avait "fait le tour du sujet" et que le sort de DSK relevait maintenant "de la justice américaine, avec l'application du droit commun". "Bien sûr que ces images sont impressionnantes", a-t-il poursuivi, mais "en même temps, nous savons que c'est ainsi que fonctionne la procédure américaine".

Le président de l'Assemblée nationale, l'UMP Bernard Accoyer, a estimé qu'il y avait "des accusations graves" à l'encontre de Dominique Strauss-Kahn, que "la justice américaine est en marche" et qu'il fallait "respecter la présomption d'innocence" et qu'il n'avait "rien d'autre à ajouter". Et de conclure: "Nous sommes tous dans une phase de sidération". "Je regrette les expressions hâtives et les jugements précipités".

Le président du groupe UMP Christian Jacob a demandé aux membres de l'UMP "la plus grande réserve" sur cette affaire.

... mais la Droite populaire rompt le consensus
Plusieurs députés UMP du collectif de la Droite populaire ont dénoncé mardi "la solidarité de caste" de certains socialistes à l'égard de DSK après son inculpation.

Parmi eux, le député des Alpes-Maritimes Lionnel Luca. "C'est Dallas! Et DSK c'est JR!" Décidément, l'ex-futur candidat socialiste à la présidence défraie la chronique. Réelle ou fausse, cette nouvelle affaire privée concernant le directeur du FMI le met hors course avant même les élections primaires du Parti socialiste et surtout discrédite la France au plan international.", a déclaré l'élu.

Selon la députée de Haute-Garonne Brigitte Barèges: "devant la gravité des accusations dont il est soupçonné et compte tenu de l'importance des fonctions qu'il occupe aujourd'hui, M. Strauss-Kahn s'honorerait à tirer toutes les conséquences de sa situation qui met la France, qu'il est censé représenter, en grande difficulté".

Jean-Paul Garraud, un autre député du collectif Droite populaire a lui estimé dans un communiqué que "DSK ne sera pas candidat à la présidentielle et qu'il discrédite très gravement l'image de la France dans le Monde".

"Cette affaire n'étonne pas outre mesure la classe politico médiatico parisienne qui connaît depuis longtemps les frasques du personnage et son goût immodéré pour le luxe, l'argent, le pouvoir et le sexe", écrit encore M. Garraud, secrétaire national à l'UMP, après des propos d'usage sur le respect de la présomption d'innocence.

Parmi les autres dirigeants
La présidente du Medef, Laurence Parisot
, a jugé "évident qu'aujourd'hui en France, tout le monde ressent que cette affaire est une tragédie". "Je crois qu'il est important de rester dans des principes forts, essentiels dans une démocratie: le principe de la présomption d'innocence et de l'autonomie de la justice", a-t-elle déclaré, appelant à laisser "la justice se faire" et à ne "pas interférer" dans son "bon déroulement". Mme Parisot s'est par ailleurs dite "très surprise d'entendre beaucoup de réactions disant que cette affaire est une atteinte à l'image de la France". "C'est l'affaire d'un homme, une affaire individuelle, ce n'est pas une affaire collective", a-t-elle estimé.

A l'étranger...
Pour le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy, actuellement en visite en Chine, "il y a une procédure judiciaire qui suit son cours. Je ne peux faire aucun commentaire".

"Compte tenu du rejet de la remise en liberté sous caution, il doit lui-même réfléchir aux dommages qu'il cause sinon à l'institution" en restant en poste, a déclaré la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, à propos de l'éventualité d'une démission du directeur général du Fonds monétaire international.

La ministre des Finances espagnole s'est montrée ferme également à l'égard du Français. "Les crimes dont on l'accuse sont d'une gravité extraordinaire". "La solidarité, au moins la mienne, est pour la femme qui a souffert d'une agression si cela a été le cas", a-t-elle ajouté à propos de l'employée de l'hôtel de New York que Dominique Strauss-Kahn est accusé d'avoir agressé.

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