Le chef de l'Etat a justifié mardi l'envoi des premiers courriels d'avertissements aux "pirates"

Nicolas Sarkozy, au lycée Jean-Baptiste Corot, à Savigny (Essonne), le 5/10/2010
Nicolas Sarkozy, au lycée Jean-Baptiste Corot, à Savigny (Essonne), le 5/10/2010 (AFP)

"Si on laisse le pillage que représente le piratage prospérer (...) il n'y aura plus de cinéma, il n'y aura plus de livres (...) plus de créations" a déclaré N Sarkozy au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny (Essonne).Les premiers courriels d'avertissement ont été envoyés vendredi par des fournisseurs d'accès à internet pour le compte de l'Hadopi.

"Si on laisse le pillage que représente le piratage prospérer (...) il n'y aura plus de cinéma, il n'y aura plus de livres (...) plus de créations" a déclaré N Sarkozy au lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny (Essonne).

Les premiers courriels d'avertissement ont été envoyés vendredi par des fournisseurs d'accès à internet pour le compte de l'Hadopi.

M. Sarkozy a indiqué que "ce sont les jeunes artistes qui sont les premiers exposés au piratage"."Opposer les jeunes et la règle, c'est absurde, ça n'a aucun sens", a-t-il insisté, "la liberté sans règle, c'est une oppression, c'est la règle qui protège la liberté, c'est l'absence de règle qui tue la liberté".

Les premiers courriels d'avertissement aux pirates ont été envoyés vendredi par la plupart des fournisseurs d'accès à internet pour le compte de l'Hadopi. Seul le fournisseur d'accès Free, opposé à la loi, a refusé de relayer ces mises en garde aux internautes.

A la troisième infraction, l'internaute risque une amende et une suspension de son abonnement pouvant aller jusqu'à un an.

Le cinéma pour redorer l'image présidentielle
Dans le lycée Jean-Baptiste Corot, le président a soigné son image en rencontrant les lycéens pour parler de l'opération " ciné-lycées" qui vient d'être lancée dans l'établissement. Après un long échange avec l'encadrement et les professeurs à huis-clos, le chef de l'état s'est assis parmi les élèves et enseignants pour se faire présenter l'opération novatrice.

"Ciné-lycées" est une plate-forme internet qui met à la libre et gratuite disposition des 4.500 lycées de France 200 chefs d'oeuvre du cinéma, de "Citizen Kane" d'Orson Welles au "Parrain" de Francis Ford Coppola.

Le projet a fait l'unanimité, côté lycéens. "C'est une très, très bonne initiative", s'est réjoui Clément, "un bon moyen de redonner du sens au cinéma", a renchéri Camille. Invité à rejoindre la visite, le réalisateur Claude Lelouch a indiqué "J'aurais adoré, quand j'étais à l'école, avoir un outil pareil".

"On a pensé que le lycée ce n'était pas seulement un lieu où on enseignait les matières mais aussi un lieu où on s'ouvre aux autres", a fait valoir Nicolas sarkozy, annonçant que "ciné-lycées" serait plus tard étendu à la musique, au théâtre ou aux expositions.

Le Conseil régional a vu dans "ciné-lycées" de fortes ressemblances avec son propre dispositif "lycéens et apprentis au cinéma" et a, ironiquement, remercié le chef de l'Etat pour cet "hommage involontaire" à son action.

La venue du chef de l'état a été préparée dans le secret mais une petite soixantaine de professeurs, élèves ou militants du Front de gauche, est parvenue à s'approcher du lycée pour dénoncer une "opération d'esbrouffe" de Nicolas Sarkozy à l'heure des suppressions de postes d'enseignants.

"Guest-star" de l'opération, Gérard Jugnot s'est amusé de sa présence inattendue au milieu de la caravane présidentielle. "Il y a des vedettes", a ri le comédien, "j'ai l'impression d'être au cinéma".

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