Le budget 2010 en conseil des ministres

Le ministère de l\'Economie et des Finances
Le ministère de l'Economie et des Finances (© AFP - Jack Guez)

Le projet de loi de finances 2010 présenté mercredi en conseil des ministres prévoit un déficit public à 8,5% du PIB

Le projet de loi de finances 2010 présenté mercredi en conseil des ministres prévoit un déficit public à 8,5% du PIBLe projet de loi de finances 2010 présenté mercredi en conseil des ministres prévoit un déficit public à 8,5% du PIB

Ce déficit était de 8,2 % (prévisions) en 2009 et 3,4% en 2008.

Principales innovations du budget 2010, la nouvelle taxe sur l'énergie (dite taxe carbone) qui s'appliquera au 1er janvier et la suppression pour les entreprises d'une partie de la taxe professionnelle.

Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi que le projet de budget 2010 était cohérent avec les décisions du sommet du G20, qui a insisté sur la nécessité de continuer les politiques de soutien aux économies.

Intervenant lui aussi lors du conseil des ministres, le Premier ministre François Fillon a souligné que le projet de budget 2010, une année où se jouera la sortie de crise, "permettra de protéger nos concitoyens contre les effets de la crise, notamment en mettant en oeuvre des outils puissants de lutte contre le chômage, avec des nouveaux dispositifs de politique de l'emploi, en effectuant un choc de compétitivité grâce à la suppression de la taxe professionnelle.

La dette publique de la France a atteint un nouveau record de 1.428,0 milliards d'euros au deuxième trimestre, soit 73,9% du produit intérieur brut. Le gouvernement table sur une dette à 77,1% du PIB en 2009 puis 84,0% en 2010.

Le projet de budget prévoit la poursuite du non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, soit 33.749 postes supprimés. Ce chiffre est le plus important depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, en 2007.
Principal secteur touché: l'éducation nationale avec 16.000 suppressions de postes.

Le budget table sur une continuation de la dégradation de l'emploi, mais moins importante qu'en 2009. Après la perte de 580.000 emplois marchands en 2009, l'économie en détruirait encore 190.000 en 2010, montrent les prévisions communiquées mercredi par Bercy.

Parmi les recettes: à noter l'augmentation de la redevance audiovisuelle de 118 à 121 euros.

Réactions à gauche
Martine Aubry a jugé mercredi le budget 2010 du gouvernement "injuste et inefficace". Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, le projet de loi de Finances ne contient "rien sur le pouvoir d'achat, rien sur l'emploi mais au contraire des mesures qui favorisent encore et toujours les mêmes". Il n'y a "rien sur la relance et (c'est) un budget qui est d'une indécence en matière d'injustices incroyable", a-t-elle déploré, soulignant que le niveau de la dette était "totalement irresponsable".

Pour la secrétaire nationale du PC, Marie-George Buffet, la loi de Finances 2010 est "un budget d'austérité". "C'est un budget qui ne répond pas aux besoins de la relance", a-t-elle ajouté. Face au maintien du bouclier fiscal et des niches fiscales, elle a plaidé pour une "fiscalité collective qui va chercher l'argent chez les plus riches".