Tintin en sarthois : Objectif Lune devient "La Leune!... Et qu'ça rouette !"

La couverture de la traduction sarthoise de \"On a marché sur la Lune\"
La couverture de la traduction sarthoise de "On a marché sur la Lune" (France 3 Maine L. Baron)

Déjà traduites dans nombre de langues étrangères, de patois et de dialectes, les aventures de Tintin parlent désormais le sarthois. Après la traduction de "L'affaire Tournesol" il y a trois ans, les deux albums consacrés à l'épopée lunaire du reporter et de ses amis vient de paraître à l"intitiative d'une librairie du Mans. Elles sont tirées à 5 000 exemplaires par album.

"La Leune!... Et qu'ça rouette !" et "L'Tintin Leune" arrivent chez les tintinophiles sarthois. A l'initiative d'une librairie du Mans, les deux albums qui composent la saga lunaire du reporter belge et de ses amis, le capitaine Haddock en tête, viennent de paraître dans une traduction en patois de la Sarthe. Pas vraiment une première puisqu'il y a trois ans était déjà paru l'album "L’ z’emmanchées au gars Tournesô", l'adaptation par la même équipe de "L'affaire Tournesol". Il s'en était vendu 4 000 exemplaires, amateurs sarthois et collectionneurs tintinophiles de partout se les étaient arrachés.

A la traduction, toujours le même homme, doublement passionné de Tintin et de son patois sarthois. Serge Bertin, 78 ans, a conjugué les deux et travaillé pendant six mois à la traduction des deux albums. Un travail moins facile qu'il n'y paraît, même pour un homme qui maîtrise comme lui le français et le sarthois. En linguiste, il a été contraint d'extrapoler certains mots, voire d'en inventer.

Je me suis heurté à des problèmes, parce qu'il y a des termes scientifiques à traduire. Et "uranium", "plutonium", ça ne fait pas partie du vocabulaire habituel. J'ai donc dû m'adapter et m'inspirer de ce que faisaient les anciens. Quand je peux, je traduis littéralement, quand je ne peux pas, je crée.Serge Bertin, traducteur de Tintin en sarthois

Anniversaire

La publication de ces deux albums de Tintin n'arrive pas par hasard. Dans quelques semaines sera commémoré le cinquantenaire des premiers pas de l'homme sur la Lune. On ne peut manquer de faire le parallèle entre les aventures lunaires de Tintin parues en 1953 et 1954 et la réalité d'Apollo XI en 1969. Dans la lignée d'un Jules Verne avec le progrès technique et scientifique en plus, Hergé avait fort bien anticipé. On ne peut qu'admirer en comparant la balade des Dupondt allégés par la moindre gravitation et les bonds effectués quinze plus tard par les astronautes. En 1985, les éditions Casterman avaient publié "Ils ont marché sur la Lune - De la fiction à la réalité" un album hors collection mettant en parallèle les deux épopées. 

L\'album hors collection publié par Casterman en 1985
L'album hors collection publié par Casterman en 1985 (La couverture de "Ils ont marché sur la Lune")

Les langages les plus inattendus

Rien que pour les langues régionales, patois et dialectes, Tintin parlait déjà breton, basque, catalan, alsacien, bressan, picard, l'arpitan (francoprovençal), gaumais (en Lorraine), corse, créole, gallo (en Bretagne) et provençal... Ajoutez-y une centaine de langues étrangères dont le chinois, le persan, le latin, le feroïen et l'esperanto et vous comprendrez que le reporter du Petit XXe devient peu à peu universel.

Reste à savoir comment les célèbres insultes du capitaine Haddock peuvent être traduites dans tous ces langages? La curiosité nous picote l'échine à la question : qu'adviendra-t-il de "moule à gaufre", "va-nu-pied", "coloquinte à la graisse de hérisson", "bougre d'extrait de cornichon" ou "tchouk tchouk nougat" ? 

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