La juge s'est expliquée vendredi devant sa hiérarchie, à la suite de ses déclarations sur l'affaire Bettencourt.

Isabelle Prévost-Deprez s\'est expliquée sur les accusations qu\'elle porte à l\'encontre de Nicolas Sarkozy.
Isabelle Prévost-Deprez s'est expliquée sur les accusations qu'elle porte à l'encontre de Nicolas Sarkozy. (AFP/FRED DUFOUR)

Isabelle Prévost-Desprez, un temps en charge du volet d"abus de faiblesse de l"affaire Bettencourt, assure dans le livre « Sarko m"a tuer » que des témoins auraient assisté chez la milliardaire à des remises d"espèces destinées au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Isabelle Prévost-Desprez, un temps en charge du volet d"abus de faiblesse de l"affaire Bettencourt, assure dans le livre « Sarko m"a tuer » que des témoins auraient assisté chez la milliardaire à des remises d"espèces destinées au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Les témoins auraient selon Isabelle Prévost-Desprez, parlé hors procès verbal. Mais l"un d"eux, l"ancienne infirmière de l"héritière de L"Oréal, a contesté cette version des faits. L"Elysée a également démenti.

Les accusations portées dans ce livre vont donc valoir des sanctions disciplinaires à la présidente de la 15e chambre du tribunal correctionnel de Nanterre. Vendredi à 9h, elle s'est expliquée devant sa hiérarchie, en présence de son avocat Me Lev Forster et du président de l'Union syndicale des magistrats (USM), Christophe Régnard. La juge a dit "contester" mardi dans un communiqué "les griefs de manquements au devoir de réserve, à l'obligation de prudence et aux devoirs d'impartialité et de délicatesse invoqués contre elle". "Elle estime n'avoir en rien, au regard de la situation très particulière du TGI de Nanterre et des dysfonctionnements qu'elle a pu constater, porté atteinte à ses devoirs de magistrat", selon le texte.

Isabelle Prévost -Desprez avait été entendue le 20 septembre par un juge bordelais chargé de l"affaire Bettencourt et notamment de la question du financement politique illégal. Dépaysé à Bordeaux fin 2010 en raison du conflit ouvert entre la magistrate et le procureur Courroye, la saga familiale Bettencourt avait viré à l'affaire politique quand l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, avait affirmé qu'il lui avait été demandé début 2007 de retirer 150.000 euros destinés à être remis à Eric Woerth, alors trésorier de l'UMP.

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