La juge de Nanterre, entendue deux heures mardi par un juge bordelais, n'a pas fait de déclaration

Isabelle Prévost-Desprez, dans son bureau de Nanterre, le 2 septembre
Isabelle Prévost-Desprez, dans son bureau de Nanterre, le 2 septembre (AFP/FRED DUFOUR)

Mme Prévost-Deprez, qui était accompagné d'une femme dont on ne connaît pas l'identité, a été entendue sur les témoignages qu'elle affirme avoir recueillie, hors procès-verbal, sur le financement de campagne de Nicolas Sarkozy.Les informations d'Isabelle Prévost-Desprez ont été publiées dans "Sarko m'a tuer" de Fabrice Lhomme et Gérard Davet.

Mme Prévost-Deprez, qui était accompagné d'une femme dont on ne connaît pas l'identité, a été entendue sur les témoignages qu'elle affirme avoir recueillie, hors procès-verbal, sur le financement de campagne de Nicolas Sarkozy.

Les informations d'Isabelle Prévost-Desprez ont été publiées dans "Sarko m'a tuer" de Fabrice Lhomme et Gérard Davet.

A la sortie du tribunal de Bordeaux, à 18h, Mme Prévost-Desprez s'est dite "parfaitement sereine". Dans le livre des journalistes du Monde, elle affirmait connaître deux personnes qui auraient vu Nicolas Sarkozy en personne toucher de l'argent liquide pour sa campagne au domicile des Bettencourt.

Mais ces témoins supposés n'ont jamais voulu s'exprimer sur procès-verbal. Depuis la parution du livre, ces deux femmes -dont une ancienne infirmière de Mme Bettencourt- ont plus ou moins démenti les propos de Mme Prévost-Desprez.

La vice-présidente du tribunal de Nanterre, dont les dissensions avec le procureur de la République du même tribunal Philippe Courroye ont abouti au dépaysement du dossier à Bordeaux en novembre dernier, a été menacé de sanctions disciplinaires après ses propos dans "Sarko m'a tuer". Sa hiérarchie l'a écartée provisoirement le dossier sensible du Mediator.

Une nébuleuse de petits dossiers
Les déclarations de la juge de Nanterre ont intéressé au plus haut point ses collègues Jean-Michel Gentil, Valérie Noël et Cécile Ramonatxo (c'est celle-ci qui semble l'avoir entendue mardi), qui ont hérité le 17 décembre de la nébuleuse des dossiers Bettencourt.

Ces affaires sont principalement issues des écoutes réalisées au domicile de Mme Bettencourt de mi-2009 à mi-2010 par son propre majordome Pascal Bonnefoy.

Le dossier est désormais tronçonné en huit sous-parties, dont l'une vise les faits de "trafic d'influence actif commis par un particulier, trafic d'influence passif commis par une personne investie d'un mandat électif public, financement illicite de parti politique ou de campagne électorale, complicité et recel de ce délit".

L'ancienne comptable des Bettencourt, Claire Thibout, a été entendue mercredi dernier par M.Gentil. Elle a pu raconter comment elle aurait été témoin en avril 2007 de la remise par Mme Bettencourt de 50.000 euros en espèces à son gestionnaire de fortune Patrice de Maistre.

Or M. de Maistre avait rendez-vous le lendemain avec l'ancien ministre, et ancien trésorier de campagne de M. Sarkozy, Eric Woerth. Celui-ci a depuis porté plainte pour dénonciation calomnieuse contre Mme Thibout.