La France aura besoin de partenaires étrangers pour développer sa filière nucléaire, a déclaré lundi Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy pendant sa conférence de presse du 14-12-2009
Nicolas Sarkozy pendant sa conférence de presse du 14-12-2009 (AFP PHOTO ERIC FEFERBERG)

"Est-ce que nous aurons besoin de partenaires extérieurs ? Oui. Je crois que je peux le dire sans risque d'anticiper des décisions", a-t-il dit, lors d'une conférence de presse consacrée aux priorités du futur grand emprunt national.Il a laissé entendre qu'il verrait l'allemand Siemens redevenir un partenaire pour l'industrie nucléaire française.

"Est-ce que nous aurons besoin de partenaires extérieurs ? Oui. Je crois que je peux le dire sans risque d'anticiper des décisions", a-t-il dit, lors d'une conférence de presse consacrée aux priorités du futur grand emprunt national.

Il a laissé entendre qu'il verrait l'allemand Siemens redevenir un partenaire pour l'industrie nucléaire française.

"On en aura besoin parce que c'est une filière extrêmement consommatrice en capitaux pour développer des process. Par ailleurs, il y a un problème considérable d'ingénieurs, on a besoin de centaines, de milliers d'ingénieurs dans notre pays (...) et je reste convaincu qu'il est capital que l'Europe ait une politique d'énergie commune", a justifié Nicolas Sarkozy.

"C'est une affaire extrêmement complexe (...) dans les semaines qui viennent, on sera amené à faire des choix pour donner les meilleurs choix de développement à la filière nucléaire française, en maintenant (le principe de dépenser) un euro pour le renouvelable, un euro pour le nucléaire", a répété le chef de l'Etat.

Il a invoqué trois raisons. La première est que le nucléaire civil est une filière "extrêmement consommatrice en capitaux". La deuxième est qu'elle est très gourmande en ingénieurs. "On a besoin de centaines et de milliers d'ingénieurs dans notre pays. Tout ça demande des efforts de formation considérables", a souligné Nicolas Sarkozy.

Enfin, troisième raison, le président français a de nouveau jugé capital que l'Europe ait une politique d'énergie commune. "Donc, dans les semaines qui viennent, on sera amené à faire des choix pour donner les meilleures chances de développement à la filière électronucléaire française", a-t-il dit.

Nicolas Sarkozy a regretté que la France n'ait plus de "projets d'avenir" avec Siemens, qui s'est retiré de Framatone, filiale d'Areva, et s'est rapproché de la Russie.

Décryptage d'un de ses conseillers: "Implicitement, le président a dit que si Siemens voulait revenir, on serait très heureux". Le gouvernement français envisage d'ouvrir le capital d'Areva et le japonais Mitsubishi est intéressé.

"Siemens est une très très grande entreprise, remarquable", a souligné, pour sa part, le président français, tout en reconnaissant que le développement de l'énergie nucléaire était une "question difficile en Allemagne", où elle fait débat.

Le chef de l'Etat avait auparavant annoncé que le gouvernement français avait l'intention de consacrer un milliard d'euros du futur grand emprunt au lancement du développement des réacteurs nucléaires de quatrième génération. Ces réacteurs "recycleront l'uranium et le plutonium et produiront beaucoup moins de déchets", a précisé Nicolas Sarkozy.

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