L'ex-homme d'affaires Pierre Botton, déjà incarcéré au milieu des années 1990, est condamné à cinq ans de prison ferme pour abus de bien sociaux

Pierre Botton, fondateur de l\'association \"Les prisons du coeur\", à Paris, le 31 janvier 2013.
Pierre Botton, fondateur de l'association "Les prisons du coeur", à Paris, le 31 janvier 2013. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Le tribunal de Paris est allé au-delà des réquisitions du parquet, qui avait demandé 4 ans de prison ferme lors du procès début mars. 

L'ex-homme d'affaires Pierre Botton, qui avait été impliqué dans une retentissante affaire politico-financière dans les années 1990, a été condamné mardi 2 juin à cinq ans de prison ferme pour abus de biens sociaux, faux et blanchiment de fraude fiscale. Il était accusé d'avoir détourné des fonds de son association "Ensemble contre la récidive". Un mandat d'arrêt a été prononcé à son encontre. 

Le tribunal de Paris est allé au-delà des réquisitions du parquet, qui avait demandé 4 ans de prison ferme lors du procès début mars. Il a assorti la peine de prison d'une amende de 150 000 euros et d'une interdiction définitive de diriger une société ou une association.

Des détournements à des fins personnelles

Condamné en appel en 1996 pour abus de biens sociaux, Pierre Botton a déjà passé vingt mois en prison. A sa sortie, il avait décidé de fonder une association pour améliorer les conditions de détention et lutter contre la récidive des personnes condamnées. A la suite d'une enquête ouverte en 2017, il a été soupçonné d'avoir récupéré indûment et à des fins personnelles une partie de l'argent de ses sociétés et de l'association. Il a vigoureusement clamé son innocence.

Pierre Botton a "gravement porté atteinte à l'ordre public, économique et privé l'Etat de la perception de sommes importantes", a déclaré le président du tribunal. Ces faits sont "d'autant plus intolérables au corps social car ils ont été commis par une personne fortement médiatisée", a-t-il ajouté.

Jeune homme d'affaires dans les années 1980, Pierre Botton a été directeur de campagne et gendre de Michel Noir, qui fut ministre RPR et maire de Lyon. Il a été condamné pour abus de biens sociaux dans une affaire alors explosive aux côtés de Michel Noir, du maire de Cannes Michel Mouillot et du journaliste Patrick Poivre d'Arvor notamment. Dans les années 2000, son association a reçu le soutien de grandes entreprises et de personnalités du sport et du spectacle. Il a mené une série de projets en prison, devenant un interlocuteur des pouvoirs publics.

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