VIDEO. Centre de déradicalisation en Indre-et-Loire cherche pensionnaires

Le centre de Pontourny se voulait la vitrine de la lutte contre le jihadisme. Un "laboratoire de la déradicalisation" installé dans un ancien château d'Indre-et-Loire. Il devait accueillir 25 jeunes radicalisés de 18 à 30 ans, tous volontaires. Mais il reste désespérément vide. Histoire d'un fiasco dans cet extrait de "Complément d'enquête".

Le Premier ministre Manuel Valls était venu l'inaugurer en septembre 2016. A Pontourny, en Indre-et-Loire, le premier centre de déradicalisation s'installait dans un ancien château. Il devait accueillir 25 jeunes radicalisés de 18 à 30 ans, tous volontaires. Il se voulait la vitrine de la lutte contre le jihadisme, il est devenu le symbole d'un échec.

Dans les chambres, les lits ont l'air encore chauds, les brosses à dents des pensionnaires les attendent, mais ils sont rentrés chez eux, chassés par la polémique qui a éclaté à peine quatre mois après l'ouverture. Un pensionnaire en permission de sortie a été arrêté lors d'une opération antiterroriste. Huit mois plus tôt, il avait tenté de partir en Syrie. C'était un proche de Foued Mohamed-Aggad, l'un des terroristes du Bataclan. Le voisinage s'affole, les manifestations avec pancartes "Montourny = jihad Academy ?" s'enchaînent, et le centre se vide.

Un sentiment d'énorme gâchis

Olivier Chasson, le directeur du centre de Pontourny, croit encore au retour de ses pensionnaires. Avec son équipe, il avait tout prévu : organisation presque militaire, lever de drapeau une fois par semaine, réveil à 6h45, tenues d'uniforme été et hiver... 

Aujourd'hui, les seuls à porter l'uniforme sont les éducateurs. Ils continuent à venir tous les jours, en attendant les pensionnaires. "S'ils pouvaient arriver vite, on serait tous contents, ça c'est sûr !" avoue l'une d'elles. Vingt-sept salariés (toujours) motivés, un budget de 2,5 millions d'euros, et au final, un sentiment d'énorme gâchis.

Extrait de "Les ratés de la déradic", un reportage diffusé dans "Complément d'enquête" le 6 avril 2017.

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