Procès de la filière jihadiste "Cannes-Torcy" : deux acquittements et des peines allant jusqu'à 28 ans de prison

Un membre de la cellule jihadiste \"Cannes-Torcy\" à son procès à Paris, le 20 avril 2017.
Un membre de la cellule jihadiste "Cannes-Torcy" à son procès à Paris, le 20 avril 2017. (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Cette cellule, considérée comme l'une des plus dangereuses de France, était accusée d’avoir commis un attentat dans une épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise), en 2012, et d'en avoir préparé plusieurs autres. 

La cour d'assises spéciale de Paris a prononcé, jeudi 22 juin, deux acquittements et des peines allant de un à 28 ans de prison à l'encontre des accusés de la filière jihadiste dite de Cannes-Torcy, pour un attentat en 2012, des projets d'attaque et des séjours en Syrie. Des peines globalement inférieures aux réquisitions.

"Chaînon manquant" entre Merah et le 13-Novembre

Le 19 septembre 2012, deux hommes habillés en noir avaient brisé la vitrine d'une épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise) et y avaient jeté une grenade. L'explosion n'avait fait, par miracle, qu'un blessé léger. Les investigations des enquêteurs avaient permis de démanteler cette filière complexe, regroupant une vingtaine d'hommes aux profils très différents. Originaires d'Algérie, du Laos ou de France, la moitié sont des convertis à l'islam. Certains sont issus de familles aisées, d'autres de milieux ouvriers.

Cette cellule résulte du rassemblement de deux groupes : les "frères" de Cannes (Alpes-Maritimes), sous les ordres de Jérémie Louis-Sidney, un chef violent "bouillant" de sa haine des juifs, et ceux de Torcy (Seine-et-Marne), autour de Jérémy Bailly, le fidèle lieutenant. Certains d'entre eux se sont rendus en Syrie.

A l'époque, cette cellule était considérée comme une des plus dangereuses de France, montrant la capacité des jihadistes français à constituer des réseaux clandestins dans l'Hexagone. Pendant l'audience, elle a été décrite comme "le chaînon manquant" entre le jihadiste toulousain Mohamed Merah et le commando du 13-Novembre. 

Une grande diversité de peines 

En l'absence du chef, tué lors de son interpellation, la peine la plus lourde a été infligée à Jérémy Bailly : 28 ans. Le numéro 2 de la cellule est jugé coupable d'avoir lancé la grenade dans l'épicerie casher. Pendant les deux mois de procès, il a toujours nié avoir participé à cet attentat.

Des peines de 20 ans et 14 ans de réclusion ont été prononcées à l'encontre des "Syriens" de la bande : Ibrahim Boudina et Jamel Bouteraa. Le premier a passé seize mois en Syrie avant de revenir en France "pour commettre un attentat" sur la Côte d'Azur, selon l'accusation. Le second, qui n'a passé qu'un mois en Syrie, est accusé d'avoir "fait des repérages en vue d'une attaque contre des militaires". 

La plus petite peine de prison, un an, a été prononcée contre Sofien Hamrouni, qui avait conduit deux de ses copains à l'aéroport pour partir en Syrie. Il s'agit d'"une peine symbolique" pour son avocate Alexia Gavini, "qui tient compte de son parcours et de sa stabilité".

Aucun de ceux ayant comparu libres n'ira en détention, soit qu'ils aient été acquittés, soit que leur détention provisoire couvre la peine prononcée. Aucune période de sûreté n'a été prononcée : signe, pour la défense, que "la preuve de la dangerosité des accusés n'a pas été établie par l'accusation", qui avait décrit des hommes toujours radicalisés, "prêts à recommencer".

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