Déradicalisation manquée : le parcours "d'Abou la Saumure", passé du jihadisme au proxénétisme

Dans la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), le 29 octobre 2015.
Dans la prison de Fleury-Mérogis (Essonne), le 29 octobre 2015. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Condamné à trois ans de détention en mai, le jeune homme risque de se radicaliser à nouveau en prison.

De l'emprise salafiste au proxénétisme... Dans un article publié le 12 novembre20 Minutes retrace le trajet d'un jeune homme, Geoffrey, dont la "déradicalisation" a échoué. Ce jeune homme, aujourd'hui âgé de 24 ans, avait été recueilli à l'âge de 4 mois par sa mère adoptive, qui s'est confiée au journal.

Liliane, 75 ans, a revu Geoffrey lundi 9 novembre au parloir de Fleury-Mérogis, pour la première fois depuis qu'il a été condamné à trois ans de prison en mai. Elle décrit ainsi son fils au quotidien : "Il a la barbichette. Je pense qu’il s’est à nouveau radicalisé. Mais il me dit : 'T’inquiète, maman, tout va bien se passer.'"

"Il a mis des filles sur le trottoir et il est reparti en prison"

La vieille dame raconte le passé d'échec scolaire de son fils, son refus de passer son CAP de carreleur, puis le passage à la délinquance qui le conduit en prison, à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Là, il "se radicalise au contact de salafistes". Sa mère explique à 20 Minutes qu'elle l'a récupéré "avec le bouc, son tapis de prière toujours sous le bras et habillé en djellaba".

Liliane contacte alors une avocate, qui signale Geoffrey à la cellule antiradicalisation. Pris en charge, le jeune homme abandonne les pratiques rigoristes de l'islam et se trouve une petite amie. Une réussite trompeuse, car cette réadaptation n'est pas une réinsertion : "Il a mis des filles sur le trottoir. Il s'est fait prendre et est reparti en prison", raconte une éducatrice à 20 Minutes.

En mai 2015, Geoffrey est donc condamné à trois ans de prison ferme pour proxénétisme. Il y gagne le surnom "d'Abou la Saumure", allusion à Dodo la Saumure, le proxénète mêlé à l'affaire du Carlton. Sa mère âgée s'en désole. Et pense être la seule qui retient encore son fils de partir en Syrie.