Israël-Palestine : trois questions sur les incidents de la rue de la Roquette à Paris

Des manifestants pro-palestinien au pied de la Colonne de Juillet, place de la Bastille à Paris, dimanche 13 juillet.
Des manifestants pro-palestinien au pied de la Colonne de Juillet, place de la Bastille à Paris, dimanche 13 juillet. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Des heurts ont opposé des militants pro-palestiniens et des membres de la Ligue de défense juive, dimanche 13 juillet, en marge d'une manifestation de soutien à Gaza, à Paris.

Dans toute la France, plusieurs milliers de personnes défilent en soutien à Gaza, dimanche 13 juillet. A Paris, ils sont 7 000 selon la police et 30 000 selon les organisateurs. La manifestation se déroule sans heurts, jusqu'à ce que la foule se disperse, aux alentours de la place Bastille. Et que les choses dégénèrent.

Des groupes se dirigent alors dans la rue de la Roquette, ce qui entraîne l'intervention des CRS pour bloquer l'accès à la synagogue Don Isaac Abravanel pendant plus d'une heure. Dans la soirée, François Hollande condamne une "volonté d'intrusion dans des lieux de culte". Francetv info revient sur ces débordements et leurs zones d'ombre.

Pourquoi le quartier n'a-t-il pas été bouclé ?

Tout commence aux alentours de 18 heures, alors que la manifestation se dissipe, place de la Bastille. Des groupes se dirigent toutefois dans les rues voisines, notamment en direction de la synagogue de la rue Tournelles, et surtout de celle de la rue de la Roquette. Les organisateurs disent avoir prévenu à ce moment-là la police, mais la préfecture de police n'en a pas tenu compte, explique l'hebdomadaire Marianne : "Détail important : s’ils avaient su, les responsables du maintien de l’ordre auraient forcément barré l’accès à la rue" de la Roquette. Cette vidéo postée par Jean-Baptiste Soufron, secrétaire général du Conseil national du numérique, montre des manifestants résolus à se battre.

"J'ai vu des membres pro-palestiniens s'armer avec tout ce qu'ils trouvaient à leur portée", explique une voisine, citée par Metronews. "Des bouteilles, des chaises et même les lattes d'un sommier qu'ils ont dépecé dans la rue", énumère-t-elle. Reste à savoir s'ils ont délibérément choisi de s'engager en direction de la synagogue ou s'ils ont répondu à des provocations.

Quelle est la part de responsabilité de chaque camp ?

Ces 200 ou 300 manifestants pro-palestiniens sont attendus. Aux abords de la synagogue Isaac Abravanel, une centaine de membres de la LDJ sont prêts à en découdre. Pendant la journée, en effet, des appels auraient circulé sur les réseaux sociaux, selon i-Télé.

L'un des administrateurs de la synagogue précise à France 24 que "des jeunes de la Ligue de la défense juive et du Betar sont aussi venus pour assurer la sécurité des lieux", en marge d'un rassemblement en soutien aux habitants d'Israël organisé en présence du grand rabbin. Si la vidéo précédente montre l'agressivité des militants pro-palestiniens, celle-ci indique que la LDJ n'est pas en reste pendant les affrontements (autour de la deuxième minute).

Pour sa défense, la LDJ explique que ces images ne présentent que la fin d'un affrontement long de 30 minutes. Et que les armes portées par ses membres ont été jetées "sur la synagogue et ses fidèles par les assaillants peu de temps avant !" Un détail qu'il est difficile de vérifier.

D'ailleurs, certains témoignages accusent ces jeunes d'avoir provoqué les manifestants, un peu plus tôt. "Sur le boulevard Beaumarchais, à la hauteur du croisement Chemin vert, quatre ou cinq types de la Ligue de défense juive juchés sur un banc, entourés de CRS, jetaient des projectiles et insultaient les manifestants", explique Michèle Sibony, vice-présidente de l’Union juive française pour la paix (UJFP), citée par Le Nouvel Observateur.

Pourquoi les CRS ont-ils mis autant de temps à intervenir ?

Enfin, le rôle des CRS est également au cœur des interrogations, car ils ne sont pas intervenus dès le début des échauffourées. Interrogée par France 24, la préfecture de police explique que "les CRS n’agissent que sur ordre. On leur a certainement demandé de rester en place pour éviter que le conflit ne déborde dans les rues adjacentes ou que la synagogue de la rue de la Roquette soit prise d’assaut." Peu après leur intervention, la rue a été vidée et bloquée, permettant le retour au calme.

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