Impôts, Clearstream, Epad... Sarkozy s'exprime

Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy (© France 2)

Dans une interview au Figaro, Nicolas Sarkozy affirme qu'il n'augmentera pas les impôts

Dans une interview au Figaro, Nicolas Sarkozy affirme qu'il n'augmentera pas les impôtsDans une interview au Figaro, Nicolas Sarkozy affirme qu'il n'augmentera pas les impôts

"Je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts et je ne les augmenterai donc pas", affirme le chef de l'Etat, dans cette interview en ligne sur lefigaro.fr.

"Je ne toucherai pas au bouclier fiscal car je crois au principe selon lequel on ne peut prendre à quelqu'un plus de la moitié de ce qu'il gagne", déclare-t-il.

Le président de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, Jean-Luc Warsmann (UMP), avait proposé de retirer la CRDS (contribution au remboursement de la dette sociale) du bouclier fiscal, dans un rapport visant à "optimiser la dépense publique" et rendu public mercredi. Visiblement, malgré la crise, le président de la République n'entend pas revenir sur le "bouclier fiscal", une des premières mesures de son quinquennat en faveur des plus riches.

Les autres déclarations du chef de l'Etat


Parmi les autres déclarations du chef de l'Etat au journal dirigé par Etienne Mougeotte:

Jean Sarkozy à l'EPAD:
"A travers cette polémique, qui est visé? Ce n'est pas mon fils. C'est moi"."Ceux qui ne se sont jamais fait à mon élection et qui n'ont rien à dire sur le fond essayent d'attaquer sur tous les sujets avec une mauvaise foi et une méchanceté qui ne trompera pas les Français".

L'arrivée annoncée de Jean Sarkozy à la présidence du quartier d'affaires des Hauts-de-Seine, vitrine économique de la France, à seulement 23 ans et alors qu'il n'a pas dépassé sa deuxième année en droit, a suscité une vague de protestations dans l'opposition, un malaise dans la majorité, des critiques ironiques dans la presse internationale sans parler de (avec la création de la catégorie #jeansarkozypartout) ou d'Internet (une pétition en ligne a été lancée par Christophe Grébert, élu Modem de Puteaux).

Afghanistan :
"La France n'enverra pas un soldat de plus". Prié de dire si la France restera dans ce pays, le chef de l'Etat répond : "Oui. Et rester pour gagner. Pas contre l'Afghanistan, mais pour l'Afghanistan. Si nous partons, c'est le Pakistan, puissance nucléaire, qui sera menacé". La France compte 3.000 soldats en Afghanistan et a enregistré 36 victimes depuis son arrivée en 2001 dans ce pays.

Clearstream :
"Le mieux à faire est de laisser se dérouler ce procès, de faire confiance à la justice et de s'abstenir de tout commentaire", a expliqué le chef de l'Etat, ajoutant : "j'aurais été mieux inspiré de le faire dès le début". Lors de son interview fin septembre sur France 2 et TF1, le président de la République avait parlé de "coupables" au lieu de "prévenus" pour les accusés actuellement jugés à ce procès, dont Dominique de Villepin.

Le traité de Lisbonne :
Nicolas Sarkozy juge inadmissible le refus du président tchèque Vaclav Klaus de signer le traité de Lisbonne sur la réforme des institutions européennes et déclare que ce choix aura des conséquences.
"Ce refus est d'autant plus inadmissible que le Parlement tchèque a voté en faveur du traité et que le gouvernement tchèque est favorable à sa ratification", dit-il. "Mais le président tchèque ne pourra pas jouer sur les deux tableaux. L'heure du choix arrive pour lui et il ne sera pas sans conséquence. En tout état de cause, cette question sera réglée à la fin de l'année", ajoute Nicolas Sarkozy.

Frédéric Mitterrand :
Nicolas Sarkozy défend son ministre de la Culture Frédéric Mitterrand après la polémique provoquée par ses écrits et ses déclarations sur le cinéaste Roman Polanski, dont il admet qu'elles ont pu choquer. "Frédéric Mitterrand n'a jamais fait l'apologie du tourisme sexuel et il l'a même condamné en termes très forts. Il ne faut pas confondre confessions intimes avec prosélytisme", a-t-il dit en fustigeant l'extrême droite et les personnalités socialistes qui ont selon lui assimilé "homosexualité et pédophilie".

"C'est un retour au Moyen-Age qui fait honte à ceux qui ont employé cet argument. Quand je vois le porte-parole du PS emboîter le pas à Marine Le Pen et avec quel enthousiasme ! Je me demande où sont passées les valeurs humanistes de ce grand parti républicain", a-t-il ajouté.

François Fillon :
Nicolas Sarkozy renouvelle sa confiance à son Premier ministre, avec qui la rumeur politico-médiatique le dit de nouveau en délicatesse.
"François Fillon et moi nous travaillons main dans la main. Ni lui ni moi ne nous reconnaissons dans les commentaires qui sont faits sur nos relations", déclare le chef de l'Etat. "Il est partie prenante à toutes les décisions. J'ai confiance en lui. Nous sommes complémentaires", ajoute Nicolas Sarkozy, qui écarte l'idée d'un changement de Premier ministre dans un proche avenir.

-> Lire aussi : L'interview complète sur le Figaro.fr :"Ce n'est pas mon fils qui est visé, c'est moi"

Ayrault (PS) parle d'"indécence présidentielle"

Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a ironisé jeudi soir sur la "bulle présidentielle" en réaction à l'entretien du président Nicolas Sarkozy à paraître vendredi dans Le Figaro.

"Le président de la République nous fait savoir qu'il est content de lui-même", écrit M. Ayrault dans un communiqué. "Moi, Nicolas Sarkozy, j'ai vaincu la crise, moralisé le capitalisme, donné l'exemple au monde entier qui évidemment me copie. Toutes les broutilles qui ne vont pas encore, le chômage de masse, l'endettement, les déficits monstrueux, c'est la faute aux autres et à la crise. Ce n'est pas moi qui doit changer, ce sont tous les autres.

L'indécence présidentielle, elle est d'abord dans cette admiration de soi-même. Dans son incapacité à mesurer les impasses dans lesquelles il entraîne le pays", poursuit-il avant de conclure : "le président est dans sa bulle".