Ilich Ramirez Sanchez dit "Carlos" comparaît dès ce lundi pour quatre attentats qui ont fait 11 morts il y a 30 ans.

Cour d\'assises spéciale de Paris, avant l\'audience de Carlos.
Cour d'assises spéciale de Paris, avant l'audience de Carlos. (MARTIN BUREAU / AFP)

Dans un entretien publié dimanche à Caracas, Carlos, 62 ans, a revendiqué pour la première fois plus d'une centaine d'attaques qui ont fait entre 1500 et 2000 morts. Il est jugé à partir de ce lundi matin et jusqu'au 16 décembre par la cour d'assises spéciales de Paris pour 11 morts et 150 blessés, il y a 30 ans.

Dans un entretien publié dimanche à Caracas, Carlos, 62 ans, a revendiqué pour la première fois plus d'une centaine d'attaques qui ont fait entre 1500 et 2000 morts. Il est jugé à partir de ce lundi matin et jusqu'au 16 décembre par la cour d'assises spéciales de Paris pour 11 morts et 150 blessés, il y a 30 ans.

Carlos, ressortissant vénézuélien, a été interpellé au Soudan en août 1994, et n'a pas quitté depuis les prisons françaises. En 1997, il a été reconnu coupable du meurtre en 1975 à Paris de trois hommes, dont deux policiers, lors d'un premier procès. Il a déjà été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Incarcéré à la prison parisienne de la Santé, le détenu a accordé ces dernières semaines deux interviews qui lui ont valu d'être placé à l'isolement. Après une grève de la faim de dix jours, l'Administration pénitentiaire l'a finalement autorisé à regagner sa cellule.

Complicité dans quatre attentats

Il est accusé de complicité dans quatre attentats. Selon l'accusation, le mobile de cette campagne qui aurait été orchestrée par Carlos était d'obtenir la libération de sa compagne allemande Magdalena Kopp et du Suisse Bruno Bréguet, tous deux membres de son groupe.

Kopp et Bréguet avaient été arrêtés à Paris en février 1982 avec des armes et des explosifs. Quelques jours plus tard, un courrier au ministre de l'Intérieur réclamait leur libération "dans un délai de trente jours", ultimatum assorti de "menaces de guerre" contre la France. Les empreintes digitales de Carlos étaient identifiées sur le document. Un mois plus tard, le 29 mars 1982, une bombe explosait dans un train Paris-Toulouse faisant 5 morts et 28 blessés.

Le jour où débutait le procès de Kopp et Bréguet, le 22 avril, l'explosion d'une voiture piégée devant le siège du magazine Al Watan Al Arabi, rue Marbeuf à Paris, tuait une personne et en blessait 66. Les deux autres attentats commis le 31 décembre 1983 à la gare Saint-Charles de Marseille (2 morts et 33 blessés) et contre un TGV Marseille-Paris à Tain-L'Hermitage (3 morts et 12 blessés) sont intervenus alors que les deux "camarades" purgeaient leur condamnation à quatre et cinq ans de prison.

Trois membres de son organisation révolutionnaire seront jugés en même temps que Carlos pour certains des attentats, seulement ils ne seront pas sur le banc des accusés.

Carlos aura face à lui une cour d'assises spécialisée dans le jugement "d'actes de terrorisme" et composée de sept magistrats professionnels. Sa défense en conteste la compétence, qualifiant cette comparution de "mise en spectacle artificiel, destinée à tromper l'opinion publique".

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