Un nouveau Musée de la Libération de Paris, pour raconter l'histoire à hauteur humaine

Espace racontant les années en Afrique du général Leclerc du musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin. 
Espace racontant les années en Afrique du général Leclerc du musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin.  (PIERRE ANTOINE)

Le "Musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin" est inauguré ce dimanche 25 août, 75 ans jour pour jour après la libération de la capitale.  

"Ce lieu est emblématique de la Libération de Paris". Flambant neuf, le nouveau "Musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin" (de son nom complet) ouvre ses portes ce dimanche 25 août 2019, 75 ans jour pour jour après la libération de la capitale. Aménagée dans les Pavillons Ledoux, place Denfert-Rochereau (14e arrondissement de Paris), la collection retrace l'histoire de la Libération de Paris, en partant des prémices de la guerre jusqu'au défilé du général de Gaulle sur les Champs Elysées. 

Le choix du lieu est symbolique, puisque le bâtiment abrite le poste de commande du colonel Rol-Tanguy, chef des Forces françaises de l'intérieur (FFI) de la région parisienne. C'est ici qu'à partir du 20 août 1944, les résistants, sous les ordres du colonel, ont supervisé la Libération de Paris. Clou de la visite, cet ancien abri défensif peut être exploré par groupe de 18 personnes maximum. A 20 mètres sous le musée, les murs gris éclairés d'une lumière vive conservent ce qui reste du poste de commande : les vestiges d'un standard téléphonique, le bureau du colonel, le secrétariat où opérait sa femme Cécile, ainsi qu'un cyclo-pédaleur servant à alimenter l'abri de défense passive en électricité en cas de panne. 

Un parcours humain

Une centaine de marches au dessus, l'exposition retrace l'histoire de la Libération de Paris en partant du début de la guerre et de l'invasion allemande. Deux héros sont mis en lumière : Jean Moulin, unificateur des mouvements de la Résistance et Philippe Leclerc de Hauteclocque, plus connu sous le nom de général Leclerc, commandant de la 2e Division blindée. Leurs portraits sont appuyés de documents et objets intimes : la vareuse (habit militaire) et le burnous (veste berbère) du général Leclerc lorsqu'il était en Afrique. Pour Jean Moulin, une paire de skis, une boîte de pastel, son fauteuil, et quelques tableaux qu'il avait acquis alors qu'il prétendait vouloir ouvrir une galerie à Romanin, c'était en réalité une couverture. 

Une partie du salon de Jean Moulin reconstitué au musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin. 
Une partie du salon de Jean Moulin reconstitué au musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin.  (Manon Botticelli - franceinfo culture)

Ce procédé se répète pour de multiples portraits. Le destin d'une quarantaine de résistants ou anonymes parisiens vont éclairer le contexte historique général tout en donnant au parcours une dimension humaine bienvenue. Là encore, des objets ou documents sont le point d'ancrage de multiples histoires individuelles, comme cette magnifique robe confectionnée par une Parisienne en attente de la Libération et portée le jour de liesse. Des lettres également, aux écritures fines et élégantes d'antan. L'une est celle d'une femme qui demandait la libération de son mari déporté, sans savoir qu'il est déjà mort. Une autre missive dénonce le comportement dissident de "voisins", évoquant les aspects sombres de l'Occupation, alors que le musée se concentre sur la Résistance. "Les documents racontent chacun leur petite histoire", commente Sylvie Zaidman, directrice du musée. 

Objets et documents originaux

Le parcours, composé tantôt de couloirs en zigzag, tantôt de grandes pièces lumineuses, se veut chronologique. Mais chaque espace aborde une thématique précise, avec des sauts temporels ou géographiques. Le fil conducteur est Paris,  mais il est parfois dépassé, car le contexte échappe aux contours de la capitale. Avec plus de 300 objets, des documents originaux (vous pouvez les reconnaître : ils sont surélevés), des films d'archive et des cartes interactives, ce nouveau musée propose un parcours multimédia, riche et diversifié pour raconter l'histoire de la résistance parisienne avec pédagogie. 

Le gros de la collection n'est pas nouveau. Il était autrefois abrité dans un musée près de la gare Montparnasse. Un lieu "très important, mais ingrat puisqu'il est au-dessus des rails", explique Christophe Girard, adjoint à la mairie de Paris pour la Culture. "C'était un lieu qui n'était pas suffisamment fréquenté, pas suffisamment connu alors qu'il contenait des richesses inestimables", continue-t-il.

Les pavillons Ledoux abritent le nouveau musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin. 
Les pavillons Ledoux abritent le nouveau musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin.  (PIERRE ANTOINE)

La construction d'un nouveau musée pour mettre en valeur cette collection était une promesse de campagne d'Anne Hidalgo, sous l'impulsion de Cécile Rol-Tanguy, épouse du colonel Rol-Tanguy, qui a fêté ses 100 ans cette année, et de Christine Levisse-Touzé, ancienne directrice du musée de la Libération. Après quatre ans de chantier et 20 millions d'euros dépensés, le résultat est à la hauteur. 

Musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc - musée Jean-Moulin Place Denfert-Rochereau, 75014 Paris
De 10h à 18h du mardi au dimanche
Accès gratuit aux collections permanentes

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