Hollande face à la presse : les questions auxquelles il n'échappera pas

François Hollande après sa réunion avec la Commission européenne, le 15 mai 2013 à Bruxelles (Belgique).
François Hollande après sa réunion avec la Commission européenne, le 15 mai 2013 à Bruxelles (Belgique). (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Remaniement, chômage, retraite... Le président va devoir s'expliquer lors de sa deuxième grande conférence de presse.

Le président de la République s'est beaucoup exprimé ces derniers temps, mais ce jeudi 16 mai, ce sera différent : ce n'est pas lui qui choisira les thèmes de son intervention. François Hollande va devoir répondre aux questions des journalistes, comme lors de sa première conférence de presse en novembre, qui avait duré près de deux heures.

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Francetv info dresse la liste des questions que le chef de l'Etat ne pourra pas éviter.

Economie : comment explique-t-il la récession et la baisse du pouvoir d’achat ?

Selon les chiffres de l'Insee publiés mercredi, la France est officiellement en récession et le pouvoir d'achat a enregistré une baisse record en 2012. Ces mauvaises nouvelles apparaissent comme une sanction de la première année de présidence de François Hollande. En déplacement mercredi à Bruxelles, le président a souligné que la récession était plus importante ailleurs en Europe. Et concernant la baisse du pouvoir d'achat, il a affirmé qu'elle était due à la hausse du chômage en continu "depuis plusieurs années" et aux hausses d'impôts, dont une grande partie a été décidée par ses "prédécesseurs". Une manière de se dédouaner en douceur. Mais François Hollande a aussi expliqué que sa priorité était de "retrouver la croissance". Il doit maintenant expliquer comment.

Europe : jusqu'où ira-t-on pour satisfaire Bruxelles ?

En échange d'un délai de deux ans pour ramener le déficit public en-dessous de 3% du PIB, la France s'est engagée auprès de l'Union européenne à poursuivre les réformes en faveur de la compétitivité. François Hollande était mercredi face à la Commission européenne pour discuter des modalités de cet accord. Les deux années accordées à la France "devront être mises à profit pour accélérer les réformes structurelles", a souligné le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Bruxelles souhaite notamment que Paris fasse plus pour réformer son marché du travail, son système de retraites et pour ouvrir certains marchés. Quelles réponses François Hollande compte-t-il apporter à ces exigences ? "Nous avons été loin, mais nous avons encore à nous réformer", a admis François Hollande à l'issue de la réunion.

Remaniement : pour qui et pour quand ?

C’est la question qui hante tous les ministres depuis que François Hollande a lâché dans Paris Match qu’un remaniement viendrait "en son temps" et qu'aucun des membres du gouvernement n’était "protégé". Au-delà des aspirations personnelles de chacun, c’est un vrai problème de fond qui se pose : le réaménagement de l'équipe gouvernementale dira quelle ligne politique est privilégiée par le président. Notamment à Bercy, où plusieurs voix du PS s’élèvent, de Ségolène Royal à Laurent Fabius, pour réclamer un changement. Avec une interrogation en creux : combien de temps encore François Hollande compte-t-il faire durer la cohabitation houleuse, au ministère de l'Economie, de Moscovici le libéral et Montebourg, le chantre de la démondialisation ?

Les relations du président avec le Premier ministre pourraient aussi être abordées. On se souvient que lors de sa première conférence de presse, le chef de l'Etat avait affirmé, à propos des couacs , "on fait toujours des erreurs, et le premier qui en est responsable, c'est moi, ce n'est pas le Premier ministre". En pense-t-il toujours autant ? François Hollande devra par ailleurs défendre son ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, attaqué par la droite après les débordements survenus lundi à l’occasion des célébrations de la victoire du PSG.

Retraites : quelle réforme ?

Le gouvernement est déjà entré dans le vif du sujet. Dès lundi 13 mai, le Premier ministre a reçu à Matignon les organisations syndicales pour préparer la conférence sociale des 20 et 21 juin, qui abordera notamment la question des retraites. Plusieurs options sont sur la table : allongement de la durée de cotisation, gel des pensions de retraites et alignement de la CSG des retraités sur celle des actifs. En revanche, un recul de l'âge légal semble exclu, après la ré-instauration par François Hollande du droit de partir à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler tôt. 

Chômage : pense-t-il toujours pouvoir inverser la courbe ?

Dans ses discours, François Hollande assure faire de l’emploi sa priorité. Il a réaffirmé le 26 mars qu’il entendait inverser la courbe du chômage avant fin 2013. Mais le taux d’emploi ne remonte pas et l’attente des Français sur ce terrain se fait de plus en plus pressante. "Quels emplois demain et comment on s'y prépare : on constate qu'il y a un manque de ce côté-là, on ne nous dit pas quel est le modèle économique et social à venir, il n'y a pas de cap", a déploré lundi le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. Selon Le Figaro, François Hollande pourrait profiter de sa conférence de presse pour "insister sur la réforme de la formation professionnelle, qui lui tient à cœur".

Majorité : quelles relations entretient-il avec les députés ?

Pendant sa campagne présidentielle, François Hollande avait promis de rompre avec l'habitude prise par Nicolas Sarkozy de recevoir sa majorité à l’Elysée. Mais en tenant sa promesse, il s’est peu à peu éloigné des députés PS, au point que certains ont estimé, lors d'un séminaire le 22 avril, qu’ils n'étaient pas assez écoutés. Le président aurait finalement renoncé à son engagement, puisque selon Le Canard enchainé, il reçoit à présent les députés discrètement chaque semaine lors d'"apéros du mardi". Toutes les dissensions ne sont cependant pas effacées, puisque certains parlementaires PS souhaiteraient un vote pour la loi sur l’amnistie sociale, à laquelle François Hollande et le gouvernement s’opposent.

Cahuzac : et si l'ancien ministre était candidat ?

Alors même que l'affaire de son compte suisse est en cours d'instruction, l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac songerait sérieusement à se présenter pour retrouver sa place à l’Assemblée. S'il se déclare avant jeudi 16h, François Hollande n'échappera pas à une question sur son ex-ministre. On voudra aussi savoir ce qu'il pense de la sortie de Cahuzac rapportée par Le Figaro (article abonnés). Selon le quotidien, ce dernier a affirmé à certains de ses conseillers : "C'est moins grave de mentir  pendant quinze secondes devant 577 députés  que de mentir depuis un an sur l'état de la France, comme le fait François Hollande… !"

Royal : que répond-il aux critiques ?

Dans un entretien au Monde, l'ex-candidate à la présidentielle a dressé un bilan plutôt sévère de la première année de présidence de François Hollande. "Il aurait fallu aller beaucoup plus vite", a notamment estimé Ségolène Royal. Le président aura l'occasion jeudi de répondre à ses remarques.

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