La maire de Calais interdit les distributions de repas aux migrants

Natacha Bouchart, maire de Calais, et Bruno Le Roux, ministre de l\'Intérieur, visitent l\'ancien camp de migrants, le 1er mars 2017 à Calais (Pas-de-Calais).
Natacha Bouchart, maire de Calais, et Bruno Le Roux, ministre de l'Intérieur, visitent l'ancien camp de migrants, le 1er mars 2017 à Calais (Pas-de-Calais). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Natacha Bouchart (Les Républicains) ne veut "surtout pas qu'il y ait un appel d'air" et craint une reconstitution de nouveaux camps de migrants.  

"Je ne veux surtout pas qu’il y ait un appel d’air et que nous revivions ce que nous avons vécu : nous avons trop souffert." Voilà ce que déclarait mercredi 1er mars la maire LR de Calais, Natacha Bouchart, alors en visite avec le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, dans sa ville, selon La Voix du Nord. L'édile y annonçait vouloir prendre des arrêtés pour empêcher les distributions de repas aux migrants. C'est désormais chose faite, selon les informations du Figaro. Natacha Bouchart a signé un arrêté en ce sens jeudi 2 mars au matin. 

Malgré le démantèlement de la "jungle" de Calais en octobre, quelques centaines de migrants vivent encore sur place, en l'absence de dispositif d'accueil. Les associations locales d'aide aux migrants distribuent ainsi quotidiennement deux à trois cents repas. Mais, pour Natacha Bouchart, il faut y mettre un terme afin de ne pas créer "un appel d'air". 

Les associations entendent continuer

Le ministre de l'Intérieur ne partage pas cette position. Mercredi, Bruno Le Roux a plusieurs fois répété qu'il n'y aurait pas "de nouveau campement à Calais". Néanmoins, a-t-il ajouté, "nous n'empêcherons pas la distribution de repas. Mais nous nous opposerons fermement à tout ce qui fait fixation." 

De leur côté, les associations ont annoncé leur intention de poursuivre leurs actions. "On distribue de la nourriture de jour comme de nuit depuis deux mois, et on continuera à le faire pour une simple raison : les gens ont faim", a expliqué à La Voix du Nord Gaël Monzy, d’Utopia 56. Vincent de Coninck, du Secours catholique, s’est dit, lui, "stupéfait qu'un responsable politique puisse en arriver à interdire à des enfants de se laver et de se nourrir"

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