Journée internationale des migrants : "ll faut d'autres centres de transit" selon France Terre d'Asile

En novembre 2016, un mois après le démentèlement et l\'évacuation, les 125 containers vides du centre d\'accueil provisoire de la \"jungle\" de Calais
En novembre 2016, un mois après le démentèlement et l'évacuation, les 125 containers vides du centre d'accueil provisoire de la "jungle" de Calais (RADIO FRANCE / JÉRÔME JADOT)

A l'occasion de la journée internationale des migrants dimanche, le directeur général de France Terre d'Asile, Pierre Henry, dresse un bilan mitigé de l'accueil de ces populations, avec des actions souvent trop tardives et un manque de centres de transit.

Pierre Henry, directeur général de l'association France Terre d'Asile, était l'invité de franceinfo dimanche 18 décembre à l'occasion de la journée internationale des migrants. Il a souligné les efforts du gouvernement français en faveur de l'accueil des personnes déplacées. Mais selon lui, ces actions arrivent "un peu tard" et la France, comme l'Europe, manquent de centres de transit.

francienfo : Que sont devenus les migrants déplacés après le démantèlement de la jungle de Calais ?

Pierre Henry : La plupart sont restés dans les centres d'accueil et d'orientation ouverts dans toute la France. Sur les 7 000 personnes réparties sur le territoire national, plus de 2 000 se sont déclarées mineures et un certain nombre d'entre elles ont rejoint la Grande-Bretagne.

Le démantèlement du bidonville n'a pas arrêté l'immigration. Il reste des migrants dans la région de Calais, environ 1 200 personnes à Grande-Synthe, mais on n'en parle absolument pas.

Le camp situé dans le 18ème arrondissement de Paris dit refuser entre 20 et 30 personnes par jour. La crise s'est-elle déplacée de Calais à Paris ?

Elle ne s'est pas déplacée, elle est toujours présente. Entre 80 et 100 migrants arrivent à Paris chaque jour. Le camp humanitaire de Paris a permis à un certain nombre de migrants de trouver un refuge, mais il compte 400 places.

Il faut d'autres centres de transit, à Paris comme en région, sinon ce sera toujours la crise. Il y a eu une évacuation samedi à Sait-Denis. Elle concernait près de 500 migrants qui vivaient dans la rue, ils se sont simplement déplacés.

On peut toujours espérer qu'avec le mauvais temps, il y ait moins d'arrivées, mais beaucoup de migrants transitent encore dans l'Union européenne, ils sont très nombreux en Italie. Il y a des actions de la part du gouvernement mais très souvent c'est trop peu et trop tard.

En septembre 2015, le France s'était engagée à accueillir 30 000 migrants. Où en est-on aujourd'hui ?

Nous n'avons pas beaucoup avancé en matière de solidarité depuis un an et demi. Nous en sommes à 10% de cet objectif, comme dans l'ensemble de l'Union européenne. La France est l'un des pays qui agit le plus pour réaliser cet objectif. La vraie crise que nous traversons en Europe, c'est d'abord une crise de solidarité,

Les 160 000 personnes qui devaient être relocalisées ne l'ont pas été. L'Union européenne a donc failli à ses engagements. La Grèce est laissée seule face à cette difficulté, près de 60 000 réfugiés sont littéralement coincés dans le pays. L'Italie aussi fait face à une situation très tendue. 

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