"Il était complètement à la dérive" : un skipper sauve un migrant en mer du Nord

Capture d\'écran d\'une vidéo de \"La Voix du Nord\" publiée le 22 juillet 2017.
Capture d'écran d'une vidéo de "La Voix du Nord" publiée le 22 juillet 2017. (LA VOIX DU NORD / FRANCEINFO)

L'homme à la mer, un Irakien de 46 ans, était habillé de sacs-poubelle et d'une ceinture de bouteilles.

"C'est un truc que je n'oublierai jamais." Un skipper de 49 ans raconte, samedi 22 juillet, à La Voix du Nord, comment il a porté secours, une semaine plus tôt, à un migrant irakien de 46 ans qui s'était lancé dans une traversée à la nage de la mer du Nord vers le Royaume-Uni. 

Dimanche 16 juillet, vers 8 heures, Patrick Leroy et un ami sortent en voilier depuis le port de Gravelines (Nord). Alors qu'ils se rendent vers Dunkerque, navigant à plus de deux kilomètres de la côte, ils distinguent une forme dans l'eau. Ils s'approchent et découvrent qu'il s'agit d'un nageur, un migrant prénommé Massoud.

Des bouteilles en guise de gilet de sauvetage

L'homme est équipé d'une combinaison de fortune. Il est habillé avec des sacs-poubelle et porte une ceinture de bouteilles faisant office de gilet de sauvetage. "Il était complètement parti à la dérive, à l'Est, selon Patrick Leroy. C'est évident qu'il n'avait aucune chance d'arriver."

En hypothermie, Massoud est hissé hors de l'eau et s'effondre de fatigue sur le bateau. Il s'endort sur la route de Dunkerque. "Tout ce que j'ai pu lui dire, c'est qu'il était un strong man [un homme fort], narre le skipper. Ça m'a estomaqué. Il était physiquement en forme. Il faut être en bonne santé pour résister à ça."

C'est évident qu'il avait passé beaucoup de temps dans l'eau. Il était froid, il avait les extrémités bleues.Patrick Leroyà "La Voix du Nord"

Une dérive de 25 km

A l'arrivée au port, le migrant est pris en charge par les secours. Son parcours se précise. Selon La Voix du Nord, il serait parti de Calais la veille au soir et aurait dérivé sur environ 25 km. "Je pensais qu'il était parti depuis quelques heures, réagit Patrick Leroy. Je n'ai pas imaginé qu'il était dans l'eau depuis la veille au soir. Personnellement, je n'aurais pas résisté à ce à quoi il a résisté."

"Enfiler le tee-shirt, le sac-poubelle, prendre les bouteilles d'eau et se mettre à l'eau, c'est vraiment impensable, conclut le skipper. Il faut vraiment être à la fois désespéré – se dire : 'C'est pas possible, j'en ai marre d'attendre, de ne pas réussir à passer' –  et extrêmement déterminé et courageux."