Des migrants de Calais commencent "une nouvelle vie" à Cancale

Une semaine après leur arrivée à Cancale en Ille-et-Vilaine, des migrants témoignent de l\'accueil reçu et de leur satisfaction d\'avoir quitté la \"jungle\" de Calais.
Une semaine après leur arrivée à Cancale en Ille-et-Vilaine, des migrants témoignent de l'accueil reçu et de leur satisfaction d'avoir quitté la "jungle" de Calais. (PHILIPPE CHEREL / MAXPPP)

Des migrants évacués de Calais témoignent lundi sur franceinfo de l'accueil reçu il y a une semaine à Cancale, de leurs projets et de leur satisfaction d'avoir quitté la "jungle".

Lundi 24 octobre, 49 Soudanais et Erythréens laissaient la "jungle" de Calais derrière eux, en prenant la direction de Cancale en Ille-et-Vilaine. Depuis une semaine, ces migrants sont installés dans un Centre d'accueil et d'orientation (CAO). Ils entament les démarches pour formuler une demande d'asile, en appréciant l'étape bretonne.

Un groupe solidaire à l'objectif identique : l'asile

Les 49 migrants arrivés de Calais prennent leurs marques dans un ancien hôpital de gériatrie. Pour beaucoup, c'est une autre vie qui démarre. Samir, 30 ans, vient du Soudan. Il a passé cinq mois dans le bidonville de Calais. Il souhaite "commencer une nouvelle vie".

Ici, je me sens bien et en sécurité. On s'occupe très bien de nous. Des gens nous soignent et font attention à nous. C'est très différent de Calais.Samir, migrant soudanais

Le bien-être de Samir à Cancale est partagé par Maffouz. A 19 ans, le jeune Erythréen ne demande qu'à rester dans cette commune bretonne située à une quinzaine de kilomètres de Saint-Malo. Il raconte son environnement, "une chambre pour lui tout seul où il dort bien, un endroit où il mange bien et des gens sympas, qui disent bonjour". Comme tous les migrants accueillis à Cancale, Maffouz espère obtenir l'asile. Il suit attentivement tous les conseils qui lui sont prodigués pour effectuer les démarches. L'installation des 49 migrants se déroule dans "une très bonne ambiance", confirme Armelle Musellec, de l'association Coallia, gestionnaire du centre d'accueil. "On a un groupe très solidaire, ils s'aident beaucoup entre eux."

Il y a une très bonne ambiance, même presque légère, compte tenu des choses dramatiques qu'ils ont vécues.Armelle Musellec, association Coallia, gestionnaire du centre d'accueil de Cancale

"Le site n'est pas un hôtel quatre étoiles mais les migrants sont tellement contents d'avoir un lit, des draps propres, une douche. Ils sont heureux et très reconnaissants", ajoute Armelle Musellec.

Le maire de Cancale leur souhaite "un projet de vie"

Dans les rues de Cancale, deux habitantes, Bernadette et Marie-Thérèse se disent plutôt heureuses d'accueillir ces migrants, dont trois les ont saluées "avec un grand sourire". Elles évoquent aussi "la misère dans leur pays". Le maire de la ville, Pierre-Yves Mahieu, reconnait toutefois qu'il existe des récalcitrants à l'accueil des Soudanais et Erythréens dans sa commune touristique et au-delà. "Je reçois des emails de personnes qui reportent des séjours à Cancale, à cause de la présence des migrants. Des gens ne comprennent toujours pas le sens profond de l'accueil".

Je me rends compte qu'il faut être toujours vigilant et pédagogue pour expliquer que la ville ne se dénature pas parce que nous recevons des gens qui ont besoin de faire le point.Pierre-Yves Mahieu, maire de Cancale

L'élu se montre heureux et fier de l'état d'esprit de la plupart de ses administrés, mais il refuse de se réjouir trop vite. S'il a une inquiétude, c'est aux migrants qu'il la réserve : "On pourra se féliciter quand la mission sera véritablement accomplie et que ces hommes auront retrouvé un projet de vie".

 

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