Centres d'accueil pour migrants dans les Hauts-de-France : "Cela va dans un sens positif"

Des tentes de migrants, le 1 novembre 2016 à Calais (Pas-de-Calais).
Des tentes de migrants, le 1 novembre 2016 à Calais (Pas-de-Calais). (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Geneviève Jacques, présidente de l'association Cimade, a félicité, lundi sur franceinfo, la décision du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb d'ouvrir deux centres d'accueil pour les migrants dans les Hauts-de-France.

Deux centres seront ouverts "dans les dix jours qui viennent" dans les Hauts-de-France pour accueillir les migrants présents actuellement à Calais (Pas-de-Calais), a annoncé, lundi 31 juillet, Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur. Sur franceinfo, Geneviève Jacques, présidente de la Cimade, une des onze associations à l'origine d'un recours devant le Conseil d'État, se dit satisfaite de cette décision qui leur donne raison : "C'est une forme de reconnaissance de la gravité de la situation, de l'urgence d'apporter des réponses."

franceinfo : Êtes-vous satisfaite de cette décision du Conseil d'État ?

Geneviève Jacques : Nous sommes effectivement satisfaits quand la plus haute juridiction de l'État donne raison à ce que nos associations dénoncent et demandent depuis plus de six mois. Pour autant, nous regrettons qu'il ait fallu mener tous ces combats juridiques pour en arriver là. En tout cas, le constat que nous faisons de traitements inhumains et dégradants, d'atteintes à la dignité humaine dans cette région, se trouve confirmé par le Conseil d'Etat. C'est une forme de reconnaissance de la gravité de la situation et de l'urgence d'apporter des réponses.

La création de deux centres d'accueil pour migrants, avec 300 places chacun, est-elle une bonne chose ?

C'est un début de réponse, qui est un changement par rapport à ce qu'avait annoncé le ministre de l'Intérieur auparavant. Deux centres où les personnes pourront se poser, se reposer, et surtout pouvoir penser leur projet migratoire et éventuellement déposer des demandes d'asile en France, cela va dans un sens positif. Mais, si nous sommes satisfaits de ces décisions, notre présence sur le terrain justifie de continuer à demander une toute autre politique qui sorte du déni de réalité. La Grande-Bretagne va rester en face de Calais. Il y a besoin de centres de mise à l'abri pour des exilés qui sont en transit.

Gérard Collomb a dit avoir diligenté une enquête pour faire la lumière sur des soupçons de violences policières à l'encontre des migrants. Cela vous satisfait aussi ?

On dit : "Enfin !". Si cette décision a été prise, c'est bien que ce ne sont pas simplement des dénonciations excessives de la part des associations. Il y a une véritable réalité de harcèlement prenant des formes inacceptables, comme l'utilisation de gaz au poivre contre la nourriture d'exilés. Pour des gens, qui sont déjà épuisés par des parcours traumatisants, être traités de la sorte dans un pays comme la France est vraiment indigne. Il est urgent que cela cesse.

"C'est un début de réponse, qui est un changement par rapport à ce qu'avait annoncé le ministre de l'Intérieur auparavant", Geneviève Jacques
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