Calais : Médecins du monde redoute la reformation de "petits camps moins visibles"

Des migrants quittent la ville de Calais le 24 octobre 2016
Des migrants quittent la ville de Calais le 24 octobre 2016 (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Une bonne partie des migrants de la "jungle" de Calais "veut toujours aller en Angleterre", a estimé lundi sur franceinfo Yannick le Bihan, le directeur des opérations France de Médecins du monde.

Alors que le démantèlement de la jungle de Calais commence ce lundi 24 octobre, Yannick le Bihan, directeur des opérations France de Médecins du monde, dit sur franceinfo redouter la formation de "petits camps moins visibles" dans le Calaisis. Selon lui, une bonne partie des migrants "veut toujours aller en Angleterre", et non dans les centres d'accueil et d'orientation (CAO).

franceinfo : Est-ce que vous êtes confiant sur le bon déroulement du démantèlement de la jungle de Calais ?

Yannick le Bihan : On est vigilant. C'est pour ça qu'on est présent. On va s'assurer dans les jours à venir que le démantèlement se fait dans de bonnes conditions. On va jouer un rôle de médiateur, expliquer aux exilés les conditions de départ, les rassurer autant que faire se peut. On aurait souhaité avoir un peu plus de temps pour réaliser ce démantèlement dans de meilleures conditions.

Comment cela va se passer pour les mineurs isolés qui n'ont pas pu rejoindre l'Angleterre ?

Il n'y a aucune assurance. Ce que l'on sait c'est qu'il y a environ 400 mineurs qui souhaitent aller en Angleterre et qui n'ont visiblement pas pu trouver de liens familiaux là-bas. Donc ce sera difficile pour eux. Ce que l'on a compris, c'est que pour l'instant les bâtiments du centre d'accueil provisoire leur seraient réservés, mais ce n'est pas une solution à long terme. On est très inquiet sur la façon dont la question des mineurs isolés va être traitée par les autorités.

Les migrants que vous rencontrez, ils vous disent quoi ?

C'est très partagé. Il y a une partie très importante qui veut aller dans les centres d'accueil et d'orientation. Les migrants les voient comme des lieux de répit. C'était la vocation de ces centres. On estime que ces personnes sont à peu près 3 000. Et le reste, une bonne partie, veut toujours aller en Angleterre. Ces migrants pensent que ce sera leur planche de salut. On craint que ceux-là reforment des petits camps moins visibles dans la région. On a bien vu qu'après Sangatte, les camps se sont reformés. Et quand on parle de Sangatte, en 2002, c'était une évacuation de 2 000 personnes. Là, on est sur une évacuation de 6 000 à 7 000 personnes, donc pas du tout sur les mêmes chiffres.

Yannick le Bihan, directeur des opérations France de Médecins du monde : "on est sur une évacuation de 6 000 à 7 000 personnes"
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