Béatrice Huret, ex-candidate FN, est jugée coupable d'avoir aidé un migrant à rejoindre le Royaume-Uni, mais dispensée de peine

Béatrice Huret et son avocate Marie-Hélène Calonne, eu tribunal de Boulogne-sur-Mer, le 27 juin 2017.
Béatrice Huret et son avocate Marie-Hélène Calonne, eu tribunal de Boulogne-sur-Mer, le 27 juin 2017. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Béatrice Huret était jugée, mardi, par le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer pour "aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d'un étranger en France en bande organisée".

Béatrice Huret, une ex-candidate du Front national, jugée pour avoir aidé un Iranien à rejoindre le Royaume-Uni en bateau, par amour, a été reconnue coupable par le tribunal de Boulogne-sur-Mer, mardi 27 juin, mais dispensée de peine. 

"Si c'était à refaire, pour Mokhtar, je le referais", avait assumé Béatrice Huret devant le tribunal. A 44 ans, cette ancienne formatrice pour adultes, désormais à Pôle emploi, était poursuivie pour "aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d'un étranger en France en bande organisée" et "mise en danger de la vie d'autrui", encourant une peine de dix ans de prison. Elle comparaissait aux côtés de trois autres prévenus. Le tribunal n'a pas retenu de circonstances aggravantes de "bande organisée" ou de "mise en danger d'autrui".

Une traversée dans des conditions difficiles

La traversée s'est produite le 11 juin 2016, dans des conditions difficiles. Le petit bateau, acheté 1 000 euros, manque de chavirer. Les trois hommes seront sauvés par les garde-côtes britanniques. "Ils voulaient partir à trois. C'était un bateau six places, si j'étais un passeur, j'aurais pu en mettre six", s'est défendue Béatrice Huret lors du procès. "Ça se passait mal pour eux dans la 'jungle', ils s'étaient fait dépouiller", a-t-elle bredouillé pour justifier son acte.

Veuve depuis 2010 d'un mari policier, Béatrice Huret a vu sa vie basculer début 2015 lorsqu'elle a pris en stop un jeune Soudanais pour l'accompagner à la "Jungle" de Calais. Elle a décidé alors de s'y rendre régulièrement comme bénévole. Puis elle a été bouleversée pour une manifestation d'un groupe d'Iraniens qui s'étaient cousu la bouche pour protester contre le démantèlement d'une partie du camp. Elle a ressenti "un coup de foudre" pour l'un d'eux, Mokhtar, leur porte-parole, alors âgé de 35 ans, converti au christianisme.

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