A Calais, les associations s'inquiètent du retour des migrants, "sans rien pour les mettre à l'abri"

Un migrant transporte ses affaires, lors du démantèlement de la \"jungle\" de Calais, le 23 octobre 2016.
Un migrant transporte ses affaires, lors du démantèlement de la "jungle" de Calais, le 23 octobre 2016. (PASCAL ROSSIGNOL / REUTERS)

D'après l'association Salam, plus de 400 migrants se trouvent actuellement dans la ville.

"On nous a oubliés." Adèle est membre de l'association Salam, qui vient en aide aux migrants à Calais. Vendredi 20 janvier au petit matin, elle est allée à leur rencontre. "Beaucoup de migrants reviennent à Calais, décrit-elle. Ce vendredi matin, j'ai donné à manger à une centaine de personnes." La bénévole parle de plus de 400 migrants présents dans la ville qui accueillait la "jungle", évacuée fin octobre.

Cela rappelle de mauvais souvenirs aux membres des différentes associations. "On revient à la situation d'il y a quatre ou cinq ans, quand il y avait des petits campements, des petits groupes", décrit François Guennoc, vice-président de l'Auberge des migrants. Pour lui, le retour des migrants à Calais s'est accentué depuis janvier.

De nombreux mineurs

"Il y a de nouveau des Erythréens, des Soudanais, des Irakiens ou encore des Iraniens, cite François Guennoc. Tout le monde revient et réessaye de passer au Royaume-Uni." Les associations soulignent la proportion importante de jeunes parmi ces migrants. "Avec notre équipe, nous avons rencontré 80 mineurs", précise François Guennoc. 

Par cette période de grand froid, les membres des associations apportent sans cesse duvets, chaussettes, bonnets et nourriture. "Ils dorment dehors en entassant les épaisseurs. Certains sont aussi accueillis par les Calaisiens ou dorment dans des squats ou dans la brousse", décrit le responsable associatif.

"La police est très présente", ajoute Adèle. CRS ou gendarmes, six unités de forces de sécurité tournent pour "éviter la reformation d'un campement", décrit à franceinfo la préfecture du Pas-de-Calais.

"L'Etat ferme les yeux"

Les associations dénoncent l'absence de réelle solution pour les migrants. "Il n'y a rien pour les mettre à l'abri, regrette Adèle. On nous avait promis un centre d'accueil, mais depuis, rien. L'Etat ferme les yeux." A ceci, la préfecture du Pas-de-Calais répond que l'installation d'un centre particulier n'était qu'une piste. "Aucune décision n'a été prise pour le moment, affirme le service. Il y a toujours eu des flux de migrants, avant, pendant et après la 'jungle'. Il n'y a donc pas besoin d'un dispositif."

Autre problème pour les associations : la saturation des structures. Selon François Guennoc, la plupart des migrants viennent de centres d'accueil et d'orientation. "Les mineurs ne se cachent même plus à Calais. Quand ils sont arrêtés, les policiers les relâchent parce qu'il n'y a plus de place dans le centre de Saint-Omer", ajoute-t-il. Des informations que dément la préfecture du Pas-de-Calais. "Nous sommes en lien avec le conseil départemental, en charge des mineurs. Nous faisons des points réguliers pour que tous les mineurs qui le souhaitent soient mis à l'abri, explique la préfecture. On fait très attention à ça, surtout en période de grand froid."

Vous êtes à nouveau en ligne