Guéant : Fillon "n'est pas partant" de Matignon

Claude Guéant, secrétaire général de l\'Elysée, au 20 heures de France 2 (24/07/2007).
Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, au 20 heures de France 2 (24/07/2007). (© France 2)

Le départ du Premier ministre François Fillon de Matignon n'est "absolument pas à l'ordre du jour", assure Claude Guéant

Le départ du Premier ministre François Fillon de Matignon n'est "absolument pas à l'ordre du jour", assure Claude GuéantLe départ du Premier ministre François Fillon de Matignon n'est "absolument pas à l'ordre du jour", assure Claude Guéant

"En ce qui concerne le président de la République, c'est clair, François Fillon n'est pas partant. Le président considère que leur collaboration fonctionne bien", explique le secrétaire général de l'Elysée, dans un entretien mercredi au Figaro.

Des rumeurs circulent sur une éventuelle démission du Premier ministre en poste depuis 2007.

Claude Guéant juge dans le quotidien "absurdes" des rumeurs évoquant une nomination de François Fillon à de hautes fonctions européennes.

"Les nominations vont se faire en novembre. Les contacts sont déjà en cours entre chefs d'État et de gouvernement. Il n'y a de ce fait aucune perspective européenne pour François Fillon à court terme", dit le secrétaire général de l'Elysée.

Il confirme que la France proposera l'ex-ministre de l'Agriculture Michel Barnier au poste de commissaire européen.

François Fillon, avait déclaré le 8 septembre qu'il continuerait son action tant qu'il bénéficierait de la confiance du président et de la majorité. Cette dernière semblait mécontente face à des projets de réformes comme la taxe carbone ou le RSA Jeunes.

Nicolas Sarkozy "ne souhaite pas une armée de godillots" et "jamais les voix de la majorité n'ont manqué au gouvernement", déclare le secrétaire général de l'Elysée.

Il confirme le calendrier de la réforme des collectivités territoriales, qui fait grincer des dents à droite et à gauche - le texte, actuellement au Conseil d'Etat, sera examiné le 21 octobre en Conseil des ministres et le 14 décembre au Sénat.

Politique d'ouverture à gauche

Il répond également aux objections de ceux qui, dans la majorité, reprochent au chef de l'Etat sa politique d'ouverture. "Le président n'a pas l'intention de former un gouvernement de gauche", explique-t-il. "Il ne s'agit pas d'augmenter le nombre de personnalités d'ouverture mais de le maintenir. Avec les mêmes ou avec d'autres."

Claude Guéant affirme que Nicolas Sarkozy "trouve sain d'avoir des personnalités d'autres horizons".

Affaire Polanski et propos de Mitterrand

Il n'en prend pas moins ses distances avec le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, une de ces personnalités, qui a pris la défense du cinéaste Roman Polanski, détenu en Suisse pour une affaire de moeurs remontant à 1977 aux Etats-Unis.

"C'étaient ses mots à lui, il a sa sensibilité, et il est ministre de la Culture. Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, a dit les choses différemment. Chacun sait que les faits qui sont reprochés à Polanski sont évidemment condamnables. C'est à la justice américaine de décider", déclare M. Guéant, dans un entretien publié mercredi soir par lefigaro.fr.

Le 26 septembre, Frédéric Mitterrand avait jugé "absolument épouvantable" l'arrestation du cinéaste franco-polonais Roman Polanski en Suisse, sur mandat américain, pour une affaire d'abus sexuels sur mineure remontant à plus de trente ans. Ces propos ont déclenché une vive polémique, le Front national (FN) allant jusqu'à réclamer la démission du ministre de la Culture.

Clearstream : Guéant évoque "des coupables"

Les "coupables" de la manipulation des fichiers de Clearstream figurent bien parmi les prévenus actuellement jugés à Paris, déclare encore le secrétaire général de l'Elysée.

Le président Nicolas Sarkozy avait déchaîné le 23 septembre la colère des prévenus de ce procès retentissant, dont l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, en parlant lui-même de "coupables", lors d'une interview télévisée. L'ancien rival de Nicolas Sarkozy avait notamment accusé celui-ci de bafouer la présomption d'innocence.

"Les gens qui comparaissent ont été renvoyés par le juge d'instruction", insiste Claude Guéant. "En général, les coupables figurent parmi ceux qui sont présentés par les juges."