VTC : une association encourage les chauffeurs à quitter Uber, "cette plateforme esclavagiste"

Manifestation de chauffeurs de VTC à Lyon, le 23 décembre.
Manifestation de chauffeurs de VTC à Lyon, le 23 décembre. (MAXPPP)

Jean-Luc Albert, président de l'association Actif VTC, s'est indigné, vendredi sur franceinfo, des tarifs pratiqués par la plateforme américaine de réservation de chauffeurs de VTC, Uber.

Les chauffeurs VTC ont repris, vendredi 23 décembre, leur mobilisation, avec notamment une opération escargot de l'aéroport de Roissy à Paris. Ils souhaitent inciter Uber à relever ses tarifs, qu'ils jugent "indignes". Le président de l'association de chauffeurs VTC, Actif VTC, Jean-Luc Albert, a affirmé, sur franceinfo, que la promesse d'Uber de créer un fond de soutien de deux millions d'euros était une "fausse hotte de Noël", une "fumisterie". Ils souhaitent "encourager tous les chauffeurs à quitter la plateforme américaine pour rejoindre les plateformes françaises".

franceinfo : Pourquoi organiser des actions un jour de départs en vacances ?

Jean-Luc Albert : Nous sommes des gentlemen de la route, il n'est pas question de gâcher le Noël des Français, mais il est important qu'ils sachent que la plateforme Uber doit respecter les lois. Nous sommes dans un État de droit, et ce sont eux qui causent toutes ces violences. Ils mettent les chauffeurs de VTC dans une situation totale de précarité.

Uber vous a promis, cette semaine, un fonds de soutien de deux millions d'euros. Cela ne vous suffit pas ?

C'est une fausse hotte de Noël. Cette "Uber hotte" est vraiment une vaste fumisterie. Uber n'a jamais dit quand ils crééeront ce fonds. Dans quelles conditions et de quelle manière cette manne, dont nous ne voulons pas, sera distribuée. Nous ne souhaitons pas de cadeaux. Nous sommes des personnes responsables. Nous voulons simplement travailler honnêtement. Nous demandons que la commission de 25% soit abandonnée purement et simplement. Nous réclamons de meilleures conditions de travail, une baisse du pourcentage que prend Uber, et une augmentation des tarifs. Ces deux millions d'euros, quand vous les divisez par le nombre de chauffeurs, ça fait à peine le prix d'une course de 80 euros. Ce n'est pas ça qui va régler les problèmes de fond. Nous demandons simplement de pouvoir travailler dignement. Nous voulons que les conditions soient des conditions gagnant-gagnant. Si Uber est notre employeur qu'il nous salarie. S'il n'est pas notre employeur, c'est à nous de fixer les tarifs. Or, aujourd'hui, nous sommes dans une situation de salariat déguisé, par laquelle Uber fixe les tarifs. Il fixe toutes les conditions, et se permet même de faire des déconnections sans concerter le chauffeur.

Est-ce qu'Uber est indispensable pour les chauffeurs de VTC ?

C'est tout à fait cela. Aujourd'hui, nous allons encourager tous les chauffeurs à quitter la plateforme américaine pour rejoindre les plateformes françaises telles que Le cab, Chauffeur privé, Snapcar, avec qui nous sommes en discussion. Ces plateformes donnent de meilleures conditions de travail aux chauffeurs. Nous demandons à ce que tous les chauffeurs quittent cette plateforme esclavagiste et rejoignent les plateformes françaises. Nous souhaitons qu’Uber quitte la France s’il continue à exploiter les chauffeurs.