Taxis, VTC, covoiturage, UberPop, c'est quoi la différence ?

Un graffiti \"A mort Uber\" s\'affiche derrière les conducteurs de taxi porte Maillot à Paris, le 25 juin 2015.
Un graffiti "A mort Uber" s'affiche derrière les conducteurs de taxi porte Maillot à Paris, le 25 juin 2015. (CITIZENSIDE / ANTHONY DEPERRAZ / CITIZENSIDE.COM)

Vous n'y comprenez rien à la guerre entre les taxis, les VTC et le service UberPop ? Francetv info fait le point.

Les taxis sont en colère. Ils manifestent jeudi 25 juin dans plusieurs villes de France contre la concurrence d'UberPop, et ont notamment bloqué les aéroports parisiens. Les rassemblements ont parfois donné lieu à des incidents violents : plusieurs voitures ont été vandalisées à Paris.

En cause : la concurrence qu'ils jugent déloyale des sociétés de VTC en général, mais aussi et surtout du service UberPop, l'une des applications d'Uber, qui permet de réserver un trajet dans la voiture d'un simple particulier, moyennant finances. Quelle différence entre taxis, VTC et UberPop ? Pourquoi ce dernier service est-il jugé particulièrement déloyal ? Explications.

Les taxis : une profession très réglementée

L'exploitant de taxi est une personne physique ou morale, titulaire d'une ou plusieurs autorisations de stationner sur la voie publique. Il assure, à la demande et à titre onéreux, le transport de personnes et de leurs bagages au moyen d'un véhicule automobile de neuf places assises au plus (conducteur compris), muni d'équipements spéciaux, explique le site Devenir taxi à Paris. Ils sont 50 000 taxis opérant sur le territoire français, dont 17 636 à Paris, selon le magazine Challenges

Les chauffeurs de taxi agréés doivent donc détenir une licence. Celle-ci est donnée gratuitement par la préfecture pour une plaque. Mais, comme il y a un numerus clausus, ces plaques sont devenues, notamment à Paris, l'objet d'enchères qui font monter les prix aux environs de 200 000 euros, comme le montre ce site d'annonces"Les taxis, souligne Ouest France, peuvent les revendre : au bout de cinq ans, si la licence a été achetée à un autre taxi, au bout de quinze ans, si elle a été obtenue gratuitement auprès d'une mairie (préfecture à Paris)." 

Avantage sur la concurrence : le taxi peut être réservé, mais il est aussi autorisé à attendre et à prendre ses clients sur la voie publique, en maraude. Et il dispose de places de stationnement réservées. Il est tenu d'avoir un plot lumineux au-dessus du véhicule (vert s'il est libre, rouge s'il est occupé), et d'avoir une imprimante qui sort des notes, rappelle Ouest France.

Les VTC : des services en plein essor

Les voitures de tourisme avec chauffeur bénéficient d'une réglementation plus souple, mais aussi de restrictions par rapport aux taxis. Une VTC, explique le site Vos-droits, ne peut prendre en charge un client que si son conducteur peut justifier d'une réservation préalable de celui-ci. Elle ne peut ni stationner, ni circuler sur la voie publique en quête de clients, ni être hélée par l'un d'entre eux dans la rue. La prise en charge immédiate sur la voie publique est réservée aux taxis.

Par exception, une VTC peut stationner aux abords d'une gare ou d'un aéroport (ou à l'intérieur de leur enceinte) dans l'attente du client ayant réservé, mais seulement pour une durée d'une heure maximum avant la prise en charge effective. La réservation préalable doit pouvoir être prouvée au moyen d'un ticket de réservation (sur support papier ou électronique).

Promulguée en 2014, la loi Thévenoud fait interdiction aux VTC de recourir à la "maraude électronique" – la possibilité qu'un client dans la rue puisse les réserver via une application. Cette interdiction a été confirmée par le Conseil constitutionnel après un recours de l'entreprise américaine Uber.

Si cette dernière est sans doute la plus connue, de nombreuses autres start-up se sont lancées sur le territoire français, à l'instar de Chauffeur-Privé, Snapcar ou encore Marcel Chauffeur.

L'offre UberPop : un vrai-faux service de covoiturage

La multinationale Uber, déjà implantée sur les VTC, a mis au point un service nouveau : se voulant une variante du covoiturage, mais bien à but lucratif, elle met en théorie en relation ses clients avec des particuliers-conducteurs désireux d'arrondir leurs fins de mois.

Théoriquement, les chauffeurs sont donc des amateurs. En pratique, c'est un peu différent. Comme l'ont constaté de nombreux usagers et comme l'expliquent Les Echos, Uber encouragerait les chauffeurs de VTC classique à basculer sur l'offre UberPop sur leurs créneaux libres, en se faisant passer pour des particuliers. Deux à trois fois moins lucrative, UberPop leur permet néanmoins de "boucher les trous". 

C'est ce détournement du concept officiellement mis en avant par Uber, et la concurrence déloyale qui en découle, qui irritent particulièrement les taxis.

Le covoiturage : un simple partage de coûts

Le covoiturage est la proposition faite par un conducteur de partager les frais de son trajet avec d'autres passagers. L'application Blablacar, par exemple, permet de trouver une voiture faisant un trajet précis à une date précise (Paris-Bayonne le 28 juillet, par exemple). La grosse différence avec UberPop étant bien qu'il s'agit simplement pour les conducteurs de partager les frais, et pas de générer un revenu supplémentaire. Ce type de service, bien implanté, n'est pas contesté.

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