Le gouvernement durcit le ton contre Uber, sans convaincre les chauffeurs de taxi

Des chauffeurs de taxi écoutent le président de la Fédération des taxis indépendants annoncer la tenue d\'une réunion au ministère de l\'Intérieur, jeudi 25 juin 2015, alors qu\'ils manifestent porte Maillot à Paris.
Des chauffeurs de taxi écoutent le président de la Fédération des taxis indépendants annoncer la tenue d'une réunion au ministère de l'Intérieur, jeudi 25 juin 2015, alors qu'ils manifestent porte Maillot à Paris. (LOIC VENANCE / AFP)

Bernard Cazeneuve a notamment promis que les véhicules UberPop seraient "systématiquement saisis" en cas de flagrant délit, jeudi 25 juin, au terme d'une réunion avec les chauffeurs de taxi. 

Le gouvernement s'est efforcé de dissiper la colère des chauffeurs de taxi contre Uber, jeudi 25 juin. Après avoir reçu l'intersyndicale place Beauvau, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a notamment promis que les véhicules UberPop seraient "systématiquement saisis" en cas de flagrant délit.

Cazeneuve évoque un renforcement des contrôles

Au terme d'une réunion de 2h30, Bernard Cazeneuve n'a pas annoncé de mesures nouvelles. Le ministre de l'Intérieur a assuré la profession qu'il renforcerait les contrôles de police, une annonce qualifiée de "poudre aux yeux" par l'un des participants à la réunion. Des comités départementaux anti-fraude doivent se réunir lundi pour initier des mesures "permettant de réprimer immédiatement l'exercice illégal de la profession de taxi ou de VTC". La ministre de la Justice, Christiane Taubira, "mobilisera les procureurs afin que soient données des instructions fermes, précises et d'application immédiate". Les véhicules UberPOP contrôlés en flagrant délit par la police seront systématiquement saisis.

En revanche, les chauffeurs n'ont pas obtenu satisfaction sur leur principale revendication : la fermeture de l'application UberPop. En effet, Bernard Cazeneuve a précisé que la  neutralisation de l'application était du seul ressort de la justice.

Les syndicats réservés sur la reconduite du mouvement

Les professionnels sont donc partagés, après la réunion. A Paris, plusieurs dizaines de chauffeurs occupent toujours la place Maillot, avec l'intention de rester sur place. "Nous conseillons aux chauffeurs de lever le camp, pour nous la grève est levée", a toutefois déclaré Abdel Ghalfi, de la CFDT. A la CGT, Karim Asnoun n'appelle pas à "de nouveaux blocages", alors qu'un nouveau rendez-vous avec le ministre est fixé le 3 juillet. "On va regarder si ça se concrétise (...). Si un grand nombre de taxis veulent continuer, on les soutiendra." A l'inverse, Ibrahima Sylla, de l'organisation Taxis de France, veut continuer le mouvement : "Les taxis restent Porte Maillot".

Une journée émaillée de violences

Quelque 2 800 chauffeurs de taxi, selon le ministère de l'Intérieur – ou "plus de 5 000", selon Manuel Valls – se sont mobilisés en France contre les véhicules clandestins utilisant UberPOP. La journée a été émaillée d'incidents, notamment en région parisienne. Des chauffeurs UberPOP et des clients ont été pris à partie, des véhicules endommagés et la circulation a été perturbée en Ile-de-France et dans d'autres grandes villes. Au total, dix personnes ont été interpellées, sept policiers ont été blessés lors des incidents et 70 véhicules ont subi des dégradations.

Vous êtes à nouveau en ligne