Comment les VTC ont poussé les taxis à se moderniser

Un chauffeur de VTC de la société Drive. Le rapport Thévenoud propose d\'interdire la géolocalisation de ces chauffeurs, que les taxis voient comme une concurrence déloyale.
Un chauffeur de VTC de la société Drive. Le rapport Thévenoud propose d'interdire la géolocalisation de ces chauffeurs, que les taxis voient comme une concurrence déloyale. (MAXPPP)

Un rapport rendu jeudi 24 avril préconise trente mesures pour réformer la pratique des taxis, mais aussi encadrer celle des voitures de tourisme avec chauffeurs.

Et si l'arrivée des VTC était la meilleure chose qui soit arrivée aux taxis ? Présenté jeudi 24 avril au Premier ministre, Manuel Valls, le rapport du député PS Thomas Thévenoud sur les taxis et les véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC) est plutôt critiqué par les deux parties. Il semble pourtant particulièrement sévère avec les VTC, et va dans le sens d'une modernisation des taxis très inspirée par des services comme Uber, Le Cab ou SnapCar. La preuve, en quatre exemples, que les VTC obligent les taxis à se renouveler. 

Ils simplifient la recherche d'un véhicule

Ce que les VTC ont changé C'était l'argument de poids des sociétés de VTC quand elles se sont lancées : pouvoir savoir en permanence si des véhicules se trouvent à proximité, grâce à une application sur son smartphone. Si vous êtes habitués à passer une demi-heure le bras levé sur un trottoir pour trouver un taxi, la proposition est séduisante.

Ce que les taxis ont repris G7 et les Taxis bleus, les deux principaux réseaux de taxis français, ont lancé des applications sur lesquelles on peut suivre la progression du taxi qu'on a commandé, une autre fonction offerte par les VTC. Pour visualiser l'ensemble des taxis présents dans une zone, il faut en revanche utiliser eCab, la nouvelle application de G7, qui ne propose que des taxis "VIP", au tarif plus élevé.

Ce que propose le rapport L'interdiction de la géolocalisation pour les VTC. La maraude, le fait pour un véhicule de rouler en cherchant des clients, leur est en effet déjà interdite par les textes qui réglementent leur activité en France : ils ont seulement le droit de répondre à la commande d'un usager. Or, pour les chauffeurs de taxi, la géolocalisation des VTC s'apparente à une maraude électronique, une forme de "concurrence déloyale" pour Alain Griset, président de l'Union nationale des taxis. Et le rapport va dans leur sens : il préconise de réserver la maraude électronique aux taxis. Si la proposition est retenue, les VTC se verraient donc privés d'une innovation qu'ils ont introduite en France.

Ils sont transparents sur les prix

Ce que les VTC ont changé Contrairement aux taxis, les VTC n'ont pas de compteur qui tourne au fil des minutes et des kilomètres. Une restriction qu'ils ont transformée en avantage : une estimation du tarif de la course, qui dépend du kilométrage et de l'horaire, est toujours donnée au client au moment de la réservation. Et le prix de la course d'approche, le temps que le véhicule met à rejoindre l'emplacement du passager, est fixe. Des pratiques qui évitent les mauvaises surprises aux clients.

Ce que les taxis ont repris L'estimation du tarif est proposée par G7 avec son service eCab, une offre "VIP" très proche de ce que proposent des sociétés comme Uber, et qui coûte plus cher qu'un taxi classique.

Ce que propose le rapport Il préconise un prix unique de la course d'approche des taxis, 6,86 euros, qui est aussi le prix minimal d'une course. Il propose également un prix forfaitaire fixe pour les trajets vers les aéroports d'Orly et Roissy.

Ils permettent de payer autrement qu'en espèces

Ce que les VTC ont changé Les taxis qui disposent d'un terminal de paiement ne sont aujourd'hui obligés d'accepter le paiement par carte bancaire qu'au-dessus de 15 euros. Et en pratique, nombreux sont les chauffeurs qui refusent purement et simplement un mode de paiement autre que les espèces. Les VTC, eux, proposent tous un service de paiement en ligne, le client étant automatiquement débité après sa course.

Ce que les taxis ont repris En dehors des taxis eCab, aucun service ne propose ce paiement à distance.

Ce que propose le rapport Le rapport recommande d'obliger les taxis à accepter la carte bancaire dès le premier euro. Une réforme "qui va dans le sens d'une évolution des consommateurs, et dans l'intérêt de la profession", reconnaît Alain Griset, de l'Union nationale des taxis, du moment qu'une solution économique est trouvée pour équiper les véhicules. S'il nie que la pression des VTC encourage les chauffeurs à accepter cette réforme dont beaucoup ne veulent pas, il reconnaît qu'il y a "toujours des moments plus propices que d'autres pour le changement".

Ils proposent des voitures plus luxueuses et confortables

Ce que les VTC ont changé Avec sa flotte de berlines noires de marques allemandes, une société de VTC comme Uber joue sur une image de produit de luxe. A l'intérieur, une bouteille d'eau, des bonbons, un chargeur de téléphone, censés faire la différence avec l'expérience d'une course en taxi. Les chauffeurs, eux, sont en costume et vous ouvrent la porte.

Ce que les taxis ont repris G7 propose son service "VIP" eCab, qui promet une "berline élégante", un "chauffeur sélectionné" et, clou du spectacle, un iPad et une connection wifi. Pour cela, il faut payer un supplément de 6 euros plus 10% du prix de la course. Une qualité de service qui semble difficilement généralisable à tous les taxis.

Ce que propose le rapport Parmi les propositions dévoilées pour l'instant, aucune n'aborde le sujet. On y trouve cependant une idée pour changer l'image des taxis français à peu de frais : adopter une couleur unique, comme les taxis jaunes de New York.

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