François Hollande sur M6 : ce qu'il faut en retenir

François Hollande sur le plateau de l\'émission \"Capital\", dimanche 16 juin 2013.
François Hollande sur le plateau de l'émission "Capital", dimanche 16 juin 2013. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le chef de l'Etat était l'invité de l'émission "Capital" dimanche soir. Il a notamment renouvelé son engagement d'inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année et a promis qu'il n'y aurait pas de nouvelles hausses d'impôt en 2014. 

Appelez-le "Professeur Hollande". Pendant deux heures, dimanche 16 juin, François Hollande a expliqué ses mesures sociales et économiques dans l'émission "Capital" de M6. Interrogé sur "La France en panne", le chef de l'Etat a fait peu d'annonces, mais réaffirmé ses engagements, notamment en matière d'emploi, afin de rassurer les Français. Voici ce qu'il faut retenir de son intervention. 

Le style : Hollande en pédagogue

Ce devait être un exercice pédagogique ; ça l'a été. Dans son costume noir, le chef de l'Etat, souriant et serein, a tenté de montrer le cap de son action, espérant calmer les critiques. "Vous croyez que je n'ai pas vu la crise quand j'ai vu le chômage augmenter pendant des mois ? (...) On a pris la mesure et on a pris les mesures", a-t-il assuré dès le début de l'émission. "Nous n'avons jamais autant lancé d'actions structurelles que depuis un an", a-t-il encore rappelé, évoquant notamment la loi sur la sécurisation de l'emploi. 

François Hollande a ensuite balayé de nombreux thèmes, évoqués au cours de quatre reportages réalisés par M6. Parmi eux : le logement, le chômage, notamment celui des jeunes, les retraites et la compétitivité de la France. 

La phrase : "ne nous demandez pas de faire en un an ce que les Allemands ont mis dix ans à faire"

Evoquant la question de la compétitivité entre la France et l'Allemagne, François Hollande a loué les résultats des politiques d'outre-Rhin, tout en profitant de l'occasion pour tacler le bilan de son prédécesseur. "Les Allemands, ça fait dix ans qu'ils font des réformes, nous ça fait un an. Ne nous demandez de faire en un an ce qu'ils ont fait en dix ans", s'est-il exclamé, souhaitant que cesse "le dénigrement" de la France.  

Une manière de rassurer ceux qui jugent que l'action du gouvernement tarde à se mettre en place. Et ils semblent nombreux : selon un sondage réalisé par l'institut CSA pour l'émission "Capital", 64% des Français estiment que les réformes ne vont pas assez vite pour redresser la France. Le chef de l'Etat a donc martelé son ambition de "faire avancer la France autant qu'il est possible". Tout en prévenant, prudent, que "cela [prenait] du temps"

Les annonces

L'exercice ne devait pas donner lieu à des annonces particulières, selon un proche du président. François Hollande a toutefois fait trois déclarations importantes. Les voici.

Stéphane Richard reste à la tête d'Orange. "Tant que Stéphane Richard peut être dirigeant sans que la procédure judiciaire l'entrave, il le restera." C'est ce qu'a annoncé le président de la République, alors que le PDG d'Orange est mis en examen pour "escroquerie en bande organisée" dans l'affaire Tapie. François Hollande a indiqué que l'Etat donnerait instruction lundi à ses représentants au conseil d'administration d'Orange de voter en faveur d'un maintien de Stéphane Richard à la tête de l'opérateur téléphonique. Objectif pour le président : ne pas "déstabiliser" le groupe aux 170 000 salariés.

Un abattement exceptionnel sur les plus-values immobilières. Autre annonce de cette intervention, la mise en place d'un abattement exceptionnel pour 2014 sur les plus-values de cessions immobilières. François Hollande souhaite ainsi redonner de la fluidité au marché du logement. "On n'aura plus besoin d'attendre 30 ans pour être exonéré d'impôt" lors d'une cession immobilière. "On va ramener ça à 22 ans." Le chef de l'Etat indique que cette mesure sera inscrite dans la prochaine loi de finances. "Et si le gouvernement informe correctement le Parlement, on pourra même avoir une application dès le 1er septembre."

Pas de cessions de titres France Télécom et GDF Suez. Au début du mois de mai, le Premier ministre laissait envisager une réduction de la participation de l'Etat dans le capital "d'un certain nombre d'entreprises publiques". François Hollande a tenu à préciser. "Pourquoi pour des entreprises comme (...) France Télécom ou GDF Suez, nous ne vendons pas ? Parce que nous considérons que les cours [boursiers] ne sont pas suffisamment élevés", a-t-il expliqué.

Les engagements

Sur le chômage. Envers et contre tout, François Hollande a réaffirmé à plusieurs reprises son engagement d'inverser la courbe du chômage d'ici la fin de l'année, invoquant une nouvelle fois le rôle des emplois d'avenir et des contrats de génération dans ce processus. Il a toutefois admis qu'"il n'y aura pas de réduction durable du chômage sans croissance".

Sur les impôts. Pas de changement de cap non plus concernant les hausses d'impôts à venir. "Il n'y aura pas de nouvelles hausses (...) en 2014", a affirmé François Hollande. Le chef de l'Etat a toutefois rappelé que deux des trois taux de la TVA augmenteront au 1er janvier 2014. Il évoque enfin la nécessité de "trouver des recettes" concernant les retraites. 

 

Francetv info / M6

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