Drogue : Le Guen réclame des salles de shoot à Paris

Le nombre de seringues utilisées dans les distributeurs aurait augmenté de 7% par rapport à 2011, selon le député PS Jean-Marie Le Guen.
Le nombre de seringues utilisées dans les distributeurs aurait augmenté de 7% par rapport à 2011, selon le député PS Jean-Marie Le Guen. (CASTELLO-FERBOS / GODONG / AFP)

Le député PS relance le débat dans un entretien au Parisien, mercredi.

SOCIETE - Le débat est relancé par Jean-Marie Le Guen. Le député PS de Paris et maire adjoint à la santé publique demande la création de salles d'injection de drogue pour lutter contre l'augmentation de la consommation d'héroïne dans la capitale, dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France, mercredi 29 août. 

"Aujourd'hui il y a une urgence, estime-t-il. Le nombre de seringues utilisées dans les distributeurs automatiques progresse de 7% au premier semestre 2012 par rapport à la même époque en 2011 et les personnels des associations trouvent davantage de seringues dans les rues."

Des lieux encadrés par des professionnels de santé

Face à ce fléau, il propose donc de créer des lieux réservés à la prise de drogue, qui accueilleront les toxicomanes, le plus souvent héroïnomanes, désireux de se faire une injection. Selon Jean-Marie Le Guen, ces lieux permettront d'améliorer la sécurité dans certains quartiers. "Je préfère que les gens lourdement précaires et toxicomanes consomment de la drogue dans des salles dédiées plutôt qu'ils se piquent dans une cage d'escalier ou dans la rue, comme c'est le cas actuellement." 

Des personnels de santé prendraient en charge les toxicomanes, "afin que l'on puisse garder un contact avec eux et les accompagner vers un sevrage".  L'élu, qui est également médecin, précise que "l'Etat ne doit pas fournir la drogue, le deal doit être interdit". De telles salles existent déjà dans plusieurs pays, dont la Suisse et l'Allemagne. 

Un dispositif réclamé dans plusieurs villes

Jean-Marie Le Guen rappelle que "François Hollande avait fait part pendant la campagne présidentielle de son intérêt pour ce genre d'expérimentation". "A Paris, nous sommes prêts à monter très rapidement une ou plusieurs de ces salles", annonce l'élu. "Marseille, Toulouse et Saint-Denis notamment sont des villes elles aussi intéressées."

Le maire PS des 1er et 7arrondissements de Marseille, Patrick Mennucci, a lui aussi réclamé ces salles en s'adressant sur Twitter à la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Ces lieux restent controversés

Le vice-président du Front national, Florian Philippot, estime dans un communiqué que la mesure "constituerait une brèche dans le bannissement de la consommation de la drogue dans notre pays, alors que ses ravages sont plus importants que jamais selon les experts".

"Ils sont devenus fous", écrit Camille Bedin, secrétaire nationale UMP à l'égalité des chances, dans un communiqué. Selon elle, ouvrir ces salles de consommation de drogue, "c'est banaliser l'usage et c'est légaliser la consommation des drogues les plus dures et cela aux frais des contribuables." 

En 2010, les salles de shoot avaient déjà fait débat en France. Ministre de la Santé à l'époque, Roselyne Bachelot avait montré son intérêt pour ce type de lieux. Mais le Premier ministre, François Fillon, s'y était opposé, jugeant leur mise en place "ni utile ni souhaitable".

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