Deux dossiers d'instruction qui avaient disparu relance les investigations

Michèle Alliot-Marie
Michèle Alliot-Marie (Bloomberg via Getty Images)

Ces investigations portent sur neuf enfants tués ou portés disparus entre 1983 et 1996.La garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, avait lancé fin mai une une enquête administrative interne pour déterminer d'éventuels dysfonctionnements liés à ces pertes évoquées par la presse.

Ces investigations portent sur neuf enfants tués ou portés disparus entre 1983 et 1996.

La garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, avait lancé fin mai une une enquête administrative interne pour déterminer d'éventuels dysfonctionnements liés à ces pertes évoquées par la presse.

"La découverte de ces dossiers d'instruction nous oblige à vérifier si les pistes explorées à l'époque ne peuvent pas être réexaminées au vu des nouvelles techniques. Cela relance l'espoir d'apporter des réponses", a annoncé une source proche de l'enquête.

Les dossiers de Ludovic Janvier, disparu en mars 1983, ainsi que de Grégory Dubrulle, découvert vivant en juillet 1983 avec des blessures au crâne, "ont été retrouvés ces dernières semaines dans les archives du tribunal de grande instance de Grenoble", a précisé cette source. Un troisième dossier, lié à la découverte d'ossements d'enfant dans le Vercors en 1985, un temps envisagés comme ceux du petit Janvier, a également été retrouvé, après avoir été "égaré" comme les deux premiers en raison d'un "changement de numérotation lié à l'arrivée d'un nouveau juge d'instruction".

Des recherches ont en outre permis d'établir que ces ossements ont été "négligemment" placés sous scellés en 1986 au Palais de justice de Grenoble alors qu'ils auraient dû faire l'objet d'un permis d'inhumer. S'ils étaient découverts, ces os, activement recherchés dans les sous-sols surchargés du palais, pourraient être soumis à une analyse ADN. Celle-ci, qui n'avait pas pu être réalisée à l'époque, pourrait déterminer - même si la probabilité est faible - s'ils correspondent ou non à ceux de Ludovic Janvier.

En mai, Le Nouvel Observateur avait affirmé que les restes humains découverts dans le Vercors avait été détruit en 1998, sur ordre du parquet, par le service de médecine légal du centre hospitalier universitaire de Grenoble, qui dément catégoriquement.

Cellule de gendarmerie
La perte de ces archives et de scellés avait compliqué la tâche d'une cellule inédite de gendarmerie, "Mineurs 38", créée en 2008 pour relancer l'enquête sur "les disparus de l'Isère". Les travaux de cette structure seront présentés jeudi à Grenoble aux familles des victimes, cinq filles et quatre garçons alors âgés de cinq à 16 ans. La fin des travaux de cette cellule devait être annoncée aux familles des victimes lors de cette réunion au parquet général.

Mais la découverte de ces dossiers change la donne. Les investigations vont se poursuivre, alors que jusqu'à présent, les gendarmes n'avaient travaillé que sur des dossiers partiellement reconstitués à partir d'archives de la police.

Les enquêteurs écartent la piste d'un tueur en série pour l'ensemble des cas, sans exclure l'hypothèse qu'une même personne ait commis plusieurs des meurtres.

A l'annonce lundi de la découverte des dossiers perdus, un avocat des familles des victimes, Me Didier Seban, a fait part de sa "satisfaction". "Quand les familles des victimes haussent le ton, la justice se met en mouvement. Il y avait de vraies raisons d'être indignés que les dossiers soient perdus", a-t-il dit, ajoutant avoir maintenant "l'espoir" de voir l'enquête "avancer".

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